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renvoya. David, quittant aussitôt le lieu de sa retraite, s'avança vers le jeune prince et se prosterna trois fois devant lui. Jonathas le prit dans ses bras, et ils se tinrent longtemps serrés dans une étreinte fraternelle, en versant des torrents de larmes. David, observe la sainte Écriture, pleura plus encore que son ami. Jonathas allait rentrer chez son père : mais David, loin de son ami, loin de la vigilante Michol, où allait-il chercher asile, lui le condamné à mort, traqué désormais comme le fauve que les chasseurs ont résolu d'abattre? Sa dernière consolation fut les larmes qu'il versa sur l'épaule de Jonathas; il y pleura longtemps, « plus encore que son ami ». Enfin, le jeune prince, prenant congé de David, lui adressa ce touchant adieu : « Allez en paix. Gardons-nous le serment que nous nous sommes juré devant Jéhovah; et que lui-même cimente l'alliance éternelle de ma race et de la vôtre, comme il a uni nos deux cœurs. »
Après ces paroles, Jonathas reprit la route du palais, et David entra dans le chemin de l'inconnu et de l'exil (1).
(1) I Reg., XX,