‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 19 sur 291 · ÉPREUVES DE DAVID, SES LUTTES, SA CLÉMENCE · texte numérisé non relu

ÉPREUVES DE DAVID, SES LUTTES, SA CLÉMENCE

II n'y a guère dans la Bible de page plus touchante que celle que nous venons de lire, de récits où se révèle mieux la générosité des nobles âmes (1). Désormais Jonathas ne pouvait plus rien pour David. La lutte ouverte allait commencer. Jonathas restera fidèlement auprès de son père. Quant à David, il n'a plus pour défenseurs que les compagnons d'armes devenus suspects qui, depuis longtemps, ont attaché leur fortune à la sienne et sont prêts à mourir ensemble. Il s'enfuit à Nob, où se trouvait le tabernacle. Le jeune homme avait pour lui le peuple, les prophètes et les prêtres. Le grand prêtre Achimélech se laisse aisément tromper aux paroles obscures de David ; il remet l'épée de Goliath au fils d'Isaï se disant en mission pour le roi, il livre aux fugitifs mourant de faim les pains de l'autel de proposition. On sait combien la complaisance d'Achimélech lui coùt^ cher : il la paya bientôt de sa vie. Satll fit massacrer sur la dénonciation de Doëg, tous les prêtres du sanctuaire et se vengea sur les habitants de la ville qu'il mit à feu et à sang. Un fils d'Achimélech, Abiathar, son successeur comme grand prêtre , s'échappa, emporta l'éphod et put se joindre à David (2).

(1) IReg., XX, 1-43.

(2) 1 Reg., XXI, 1-9 ; XXII, 9-23 ; xxiii, 6.

De Nob, le fugitif gagna Geth, où régnait le roi Achis. Il pensait que ce prince serait touché de son sort et oublierait que David avait été le plus mortel ennemi des Philistins ; peut-être même serait-il bien aise de s'attacher celui qui faisait toute la force des armées de Saûl. Mais, en apercevant leur ancien adversaire, les officiers d'Achis dirent au roi : (( Prenez garde : n'est-ce pas celui dont les femmes juives ont chanté dans les danses : Saul en a tué mille et David dix mille? »

Le vainqueur de Goliath comprit la signification menaçante de ce langage. Pour conjurer le danger, il contrefit l'insensé. « Nous avons assez de fous dans ce pays, dit Achis en le voyant dans cet état ; n'y laissons point entrer celui-ci. » Ainsi David échappa aux rancunes des Philistins (1).

Il se réfugia ensuite dans la caverne d'Odullam (2). C'est là que vinrent le trouver ses frères et toute la maison de son père. Les mécontents du royaume, les débiteurs insolvables, les misérables arrivèrent en foule. David devint leur chef et se trouva à la tète de près de quatre cents hommes. Il se rendit à Maspha, colline fortifiée par la nature, dans le pays de Moab (3). Rappelé par le prophète Cad, il rentra dans sa patrie et se cacha dans la forêt d'Haret, de la tribu de Juda. David se vit bientôt le chef de six cents hommes armés. Mais, tous les jours pour-

(1) I Reg., XX, 10-15.

(2) Odullam est une des cavernes de la vallée aujourd'hui appelée Wadi Chareitû. Elle n'était qu'à deux lieues de la maison d'isaï, et ne devait pas être inconnue à David. L'entrée en est très difficile. D'étroits passages, que des sinuosités sans fin font ressembler à un labyrinthe, y conduisent à de larges espaces, où plusieurs centaines de personnes peuvent se tenir à Taise. On comprend que David, fuyant Saûl, y ait cherché une retraite pour lui et sa troupe, et que Saïil y soit venu goûter le repos et le sommeil. (Extrait de M&i" Mislin, les Saints Lieux, t. III, p. 81.)

(3) IReg., XXII, 1-4.

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