‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 180 sur 291 · CHAPITRE IIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIl

ennemis de ceux qui haïssent la vertu; mais n'oublions pas qu'il fut poursuivi par Saiil, surtout parce que celui-ci vit dans le jeune fils d'Isaï un compétiteur. Absalom, de son côté, en faisant la guerre à son père, cédait à l'ambition. Jésus-Christ , au contraire, a été surtout persécuté et mis à mort à cause du dépit et de la haine qu'excita chez ses persécuteurs le culte de Dieu en esprit et en vérité. Le formalisme des pharisiens, les proportions qu'avaient prises le commerce et les ventes dans l'enceinte du temple, la superstition et les cupidités substituées à la véritable adoration, lui étaient en horreur. Il voulut un jour mettre fin lui-même à tant d'abus. On peut deviner quels reproches et quelles colères attira sur le Christ, de la part des pharisiens, cet acte de sainte vigueur. Jésus pouvait donc dire avec plus de raison que personne : Le zèle de votre maison m'a dévoré, et les outrages de vos insulteurs sont tombés sur moi. Les apôtres, en le voyant chasser du temple les acheteurs et les vendeurs, se souvinrent, dit saint Jean (1), du 10® verset de notre psaume. La vivacité du zèle de Jésus leur suggéra la véritable application du texte sacré et ils virent dans sa conduite l'accomplissement d'une prophétie.

Saint Paul à son tour applique à Jésus-Christ la seconde partie de ce verset : Les outrages de vos insulteurs sont tombés sur moi. Voulant prouver aux Romains qu'ils doivent supporter les faibles et ne pas chercher à se contenter eux-mêmes, il ajoute que « Jésus n'a pas voulu se contenter lui-même, mais qu'il a réalisé en lui ce qui est dit dans l'Écriture : Les outrages de vos insulteurs sont tombés sur moi. » Ce qui signifie , selon le même apôtre, que comme Jésus-Christ a préféré les intérêts de

(1} Joan., ir, 13 et 17

son Père aux siens, le culte en esprit et en vérité dnix faveurs des pharisiens, ainsi les fidèles doivent procurer les avantages du prochain même au péril de leur propre repos. L'apôtre n'a point douté que ce passage du psaume ne convint littéralement au Christ (1).

Bossu et remarque que le verset 13, dans son parallélisme, comprend toutes les classes de la société juive ennemie du Christ : les juges, les hommes graves, le Sénat, les Anciens, les sages : qui sedehant in porta; et les jeunes gens, les hommes légers, la populace haineuse et débauchée : qui hibebant vinum (2). Ainsi entendu, ce verset rappelle ce passage de l'histoire de la révolte d'Absalom : Facta est conjuratio valida : universus Israël sequitur Absalom (3); et cet autre du récit de la Passion : Universus populus dixit : Sanguis ejus super nos [k).

14. « Pour moi, j'élève ma prière vers vous. Seigneur. Le moment où vous m'exaucerez, je l'attends de votre immense miséricorde.

15. « Délivrez-moi de la fange; que je n'y sois point englouti. Sauvez-moi de ceux qui me haïssent, de l'abîme des eaux.

16. « Que les flots ne me submergent point et que l'abîme ne me dévore pas; que le gouflPre ne me renferme pas dans ses entrailles.

17. « Répondez-moi, Seigneur; dans votre grande compassion, tournez- vous vers moi.

18. « Ne détournez point votre visage de votre serviteur, car je suis plein d'angoisse : hâtez-vous de me répondre.

(1) Rom., XV, 3.

(2) Bossuet, loc. cit.

(3) II Reg., XV, 12 et 13.

(4) Matth., XXVII, 23, 25.

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