CHAPITRE IV
temps où les Juifs incrédules lui faisaient subir les outrages et les tourments du drame de la Passion. C'est pour l'Église le temps des persécutions. Mais, patience! l'heure de la justice de Dieu sonne toujours.
5. c( Il va leur parler dans sa colère; et dans son courroux, il les jettera dans l'épouvante. »
Dieu a répondu par leur défaite aux rois conjurés contre David, figure du Messie ; il a répondu aux Juifs, que ces rois représentaient dans leur révolte insensée, lorsqu'il renversa Jérusalem sous les coups de Titus et brûla le temple par les torches de l'armée romaine. Ce moment de la vengeance divine, qui peut se faire attendre mais qui éclate toujours, est peint sous de vives couleurs dans l'Apocalypse (1). Il arrive pour les nations coupables au jour de leur ruine, et pour le pécheur à l'approche du dernier jour de la vie, au moment où il voit qu'il va comparaître devant le tribunal de Dieu et subir ses terribles jugements. A un moment ou à un autre les illusions tomberont et les ennemis du Christ seront obligés de reconnaître la vérité de ces paroles de Dieu :
6. « C'est moi qui ai placé un roi, qui est mien, sur Sion, la montagne sainte (2). »
RosenmuUer avait rapproché du 1"" verset de notre psaume ces vers dVi même poète parlant du peuple romain se précipitant au combat :
Qiio^ quo scelesti ruitis ? aut cur dexteris Aptantur enses conditi?
(Epod., VII, 1.)
(1) Apoc, VII, XVI.
(2) Rosenmiiller s'appuie sur ce verset pour nier que ce psaume s'applique à David. « Cette application est fausse, dit-il, premièrement, parce que Sion n'a pu être appelée montagne sainte avant que le sanctuaire y fût placé ; deuxièmement, parce que ce n'est point à Sion, mais à Hébron, que David a été sacré roi. » Dom Calmet nous fournit la réfutation de ces objections. « On
Cette expression un roi qui est mien^ mon roi, montre les liens intimes qui unissent le Messie à Dieu, Ce roi n'est point un prince terrestre, mais un roi du ciel. Il siège à la droite du Père , est roi comme lui. Tandis que les plus puissants monarques de la terre sont aux yeux de Dieu comme s'ils n'étaient pas, le Christ pour Dieu est toujours roi. Son trône ne repose point sur une terre profane; il est fondé sur une montagne sainte , c'est-à-dire sur une base divine, l'immuable volonté de Dieu. C'est le roi par excellence, le roi de Jéhovah, le roi du royaume éternel, dont David n'était que le type et l'ombre. Isaïe l'appellera Emmanuel, Dieu avec nous (1). Il porte sur l'épaule le symbole de la puissance; c'est le Dieu fort, assis pour l'éternité sur le trône de David (2). C'est l'Agneau dominateur de la terre (3), le roi d'Israël qu'adoreront toutes les nations, l'étoile de Jacob, le sceptre sorti d'Israël, l'attente des nations, le Roi-Messie, le Christ triomphant.
Jésus-Christ lui-même a confessé devant Pilate que le titre de roi lui appartient (4) et l'inscription qui fut mise sur la croix : Rex Judœorum, montre que ce fut là la cause légale de sa mort.
La montagne de Sion fut, comme nous l'avons dit dans la première partie de ce livre, un des derniers points de résistance des Jébuséens, qui y avaient établi une forteresse. David en fit le centre de la théocratie juive, et
peut, dit-il, reconnaître ici une prolepse, ou anticipation : David parle do Sion suivant le dessein qu'il avait d'y placer l'arche du Seigneur et le siège de sa royauté, projet qu'il caressa dès' les premiers jours de son règne. » ^D. Calmet, ps. ii, v. 6.) — La Vulgate et les Septante ont traduit le verset 6 : J'ai été établi roi par lui sur Sion, La différence est sans importance.
(1) Isa., VII, 14; VIII, 8.
(2) Isa., IX, 6-7. — Luc, i, 32-33.
(3) Isa., XVI, 1.
(4) Joan., xviii, 36-37.