‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 215 sur 291 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ce quartier principal de Jérusalem fut appelé ville de David. C'est là, nous le rappelons au lecteur, que fut transportée l'arche d'alliance. La colline de Moriah sur laquelle on construisit le temple fut rattachée à Sion. Le nom de Sion devint le nom poétique de Jérusalem. Ce nom immortel faisait tressaillir de douleur et d'espérance les captifs de Babylone : Super flumina Bahylonis, illic sedimus et flevimus, cum recordaremur Sion. Les prophètes appelaient Jérusalem fille de Sion. Le palais de David touchait presque au temple et, bien avant que la vallée placée entre Sion et Moriah fut comblée, le peuple avait uni dans sa pensée le siège de la royauté et le sanctuaire du culte. Il n'y avait plus à ses yeux qu'une sainte montagne, la montagne de Jéhovah, celle de l'oint du Seigneur où Dieu avait aussi établi sa demeure. La race de David s'y enracina pour ainsi dire, et ce fut là que Jésus, le rejeton de Jessé, porta souvent ses pas, regardant le temple comme la maison paternelle. Lorsqu'il chassa les marchands qui profanaient le lieu saint par leur trafic, il fit acte de maître et en revendiqua tous les droits. Le mot de Sion a souvent désigné l'Église de Jésus-Christ, et l'Europe chrétienne à l'époque des croisades ainsi que les chrétiens d'aujourd'hui la considèrent comme un saint héritage injustement détenu par des mains infidèles.

David fut le type figuratif du Christ, et il résida à Sion, comme dans un fort imprenable. Sion, son temple, que tout Israélite devait visiter et hors de l'enceinte duquel la loi de Moïse ne permettait pas d'offrir de sacrifice, sont le type figuratif de l'Église chrétienne, dans laquelle Jésus-Christ réside et où seulement les moyens de salut sont abondants et efficaces. De même que les prophètes ont célébré les liens qui rattachaient David et sa

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famille à Jésus-Christ, de même aussi ils ont très souvent rappelé les rapports de l'Église et de Sion, ou plutôt c'est sous le nom de Sion qu'ils ont salué l'Église dont l'Esprit-Saint leur révélait rétablissement futur. Le Sauveur des hommes est appelé par eux le Sauveur de Sion. Isaïe s'écrie (1) : « Dites à la fille de Sion : Regarde, voilà ton Sauveur qui vient. » Zacharie (2) prophétise pour ainsi dire dans les mêmes termes : le Sauveur lui apparaît sous les traits du roi de Sion. « Réjouistoi, dit-il, fille de Sion; tressaille d'allégresse, fille de Jérusalem : regarde : ton roi t'arrive dans la justice et sous l'égide de Dieu. » Enfin c'est sur la montagne de Sion que doit, suivant Isaïe (3), se montrer V Agneau, le dominateur de la terre. Suivant le même Isaïe, la montagne de la maison de Dieu (4), dans les derniers temps, c'est-àdire dans les jours du Messie, sera fermement assise audessus des autres montagnes et dominera toutes les cimes ; et tous les peuples accourront à elle, car de Sion sortira la loi, et la parole de Dieu (Xo'yoç) viendra de Jérusalem. Qu'on se rappelle la prophétie où Daniel parle de la petite pierre détachée de la montagne et qui devient elle-même une montagne d'une hauteur prodigieuse et remplit toute la terre. Isaïe avait encore dit en d'autres termes : « Sur les fondations de Sion le Seigneur placera la pierre angulaire de l'édifice (5). » « Il y veut bâtir son temple, ajoute le prophète Zacharie, il veut y régner sur le trône comme roi et prêtre (6). «

Ces prophéties deviennent plus claires encore à la lu-

(1) Isa., Lxii, 11.

(2) Zach., IX, 9.

(3) Isa., xLii, 1.

(4) Isa., LU, 7.

(.5) Isa., XXVIII, 16 (6) Zach., VI, 12 et 13.

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