‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 216 sur 291 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

inière des Évangiles. L'Église, suivant saint Matthieu, a été établie par Jésus-Christ sur un rocher (1). Tues Peirus, et super hanc petram œdificabo Ecclesiam meam. L'Église est une « ville qui est placée sur la montagne (2) » . « Elle est visible àtousles yeux, dit saint Paul, la cité du Dieu vivant (3). » Qui ne reconnaîtrait dans toutes ces images l'Église du Christ, Fils de Dieu, bâtie sur le rocher, dans laquelle Jésus-Christ est toujours visible par son auguste vicaire , l'Église catholique, autour de laquelle doivent accourir tous les fidèles, ad quam... necesse est omnem convenire Ecclesiam, hoc est eos, qui sunt iindique fidèles (4) ?

7. a Et moi je publierai le décret de Dieu. Jéhovali m'a dit: « Tu es mon fils; je t'ai engendré aujourd'hui. «

Nous avons déjà entendu le cri de révolte des rois conjurés et Jéhovah leur a répondu. Voici maintenant que David prend la parole, non plus comme simple psalmiste, mais comme l'oint du Seigneur, et comme fils de Dieu.

On a fait une remarque sur cette intervention de l'oint du Seigneur, qui prend la parole après Jéhovah, comme pour ajouter au discours de Dieu quelque chose qui aurait été omis. D'ordinaire l'inférieur se garde de toute addition à la parole de son supérieur, et surtout quand Dieu parle , l'homme se tait et adore. Si donc, ont dit les commentateurs, l'oint du Seigneur vient ajouter une idée de plus au discours de Jéhovah , c'est qu'il se sent Fils de Dieu et égal à son Père.

Ces mots de notre traduction : « Et moi, je publierai le décret de Dieu, » ne rendent point toute l'énergie du texte

(1) Matth., XVI, 18. — ITimoth., m, 15.

(2) Matth., V, 14.

(3) Hebr., xii, 22.

(4) Iren., Contra hxreses, lib. I, cap. m,

hébreu. Considérés dans leurs racines, les mots de ce texte offrent l'idée de l'incision de la pierre ou de l'airain, pour y graver un statut, un pacte solennel.

Si le discours de Dieu rapporté par l'oint du Seigneur renfermait ces simples mots : Tu es mon fils, on pourrait peut-être interpréter cette filiation dans un sens moral et l'enfermer dans les limites de la filiation d'Adam , appelé lui aussi fils de Dieu (1). La Genèse, en voulant opposer les fils de Seth aux fils de Caïn , les qualifie du titre de fils de Dieu. Et Job donne aux anges le nom d'enfants de Dieu (2) . Mais ce qui doit empêcher de confondre la filiation divine de l'oint du Seigneur avec toutes les autres, ce sont ces étonnantes paroles : Aujourd'hui je t'ai engendré.

Plusieurs commentateurs, entre autres Hengstenberg et Ewald, ne voient dans ces mots qu'un retour de la pensée divine au jour où David a été établi sur Sion et ils interprètent ainsi le verset : « Je veux publier le décret que le Seigneur m'a fait connaître autrefois lorsqu'il m'établit roi sur Sion. » Cette traduction altère manifestement le texte en y mettant un mot qui ne s'y trouve pas, autrefois, et en le substituant au mot authentique et exprès, aujourd'hui. Le texte sacré dit positivement que c'est le jour même où David se trouva en présence des princes révoltés que Dieu l'engendra et le déclara son fils. Cette déclaration de Jéhovah avait pour but de jeter l'effroi et le découragement parmi les rebelles , en même temps que d'affirmer la future victoire de David sur eux.

Mais comment expliquer ce texte qu'il faut maintenir, tout étrange qu'il paraisse? Nous avouons qu'il faudrait en désespérer si on ne faisait intervenir ici la génération

(1) Luc, m, 38.

(2) Homère appelle ses rois : AiôyevEr;, ^'oxpEçei;;, Aie; vilôç.

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