‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 217 sur 291 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

éternelle du Verbe de Dieu , génération que constitue un acte divin continu , toujours présent , et pour lequel il n'y a ni passé ni futur. Le décret de Dieu ne convient ici à David qu'en tant que ce roi était figure du Messie et à ce titre participait, dans un sens moral, au privilège du Dieu fait homme. L'oint du Seigneur est éminemment Jésus; mais ceux qui l'ont représenté et figuré étaient rendus participants , au sens concret, de la puissance , de la gloire et, d'une certaine manière, de la divinité de Jésus-Christ. L'engendrement éternel de l'oint du Seigneur ne se réalise qu'eu Jésus; mais cette gloire du Verbe incarné rejaillit sur ceux qui l'ont représenté , dans la mesure où ils ont été ses types figuratifs. C'est ainsi qu'on applique au Christ tout entier, bien qu'il soit tout à la fois Dieu et homme, les prérogatives qui , dans un sens abstrait, ne conviendraient point à l'humanité du Sauveur. En tout cas, il n'y a point de doute que ces mots : Tu es mon fils, aujourd'hui je t'ai engendré, ne se rapportent au Messie. Les Juifs, au temps du Sauveur, le comprenaient ainsi. Les Actes des apôtres (1) disent formellement qu'il s'agit ici de Jésus ; et c'est en vertu de la filiation divine que le Christ , suivant saint Paul , est ressuscité. Le jour où le Père éternel ressuscita son Fils, il lui donnait une nouvelle oaissance dans la gloire , ou plutôt il affirmait la génération éternelle du Verbe, selon la promesse qui en avait été faite dans notre psaume : Et nos vobis annuntiamus eam , quœ ad 'patres noslros repromissio facta est : quoniam hanc Deus adimplevit filiis nostris, resuscitans Jesum, sicut et in psalmo secundo scriptum est : Filius meus es tu; ego hodie genui te (2). Cette filiation du Messie

(1) Act., XIII, 33.

(2) Dieu, dit Bossuet, engendre une seconde fois son Fils en le ressuscitant à la gloire. (Sermon pour la Résurrection, Consepulti, Impartie.)

3oO DAVID PROPHÈTE.

est une doctrine biblique. Le Verbe de Dieu fait homme est ce Fils dont le nom, au temps deSalomon, était inconnu aux hommes (1), mais dont on savait déjà l'existence éternelle. Ce Fils est la Sagesse de Dieu que le même livre des Proverbes (2) peint en traits saisissants. Les mots hébreux ilî^îs*, nutricius, n^sn^W, deliciœ, TJjpS ripn^ra, ludens coram eo, sont des expressions qui, appliquées à la Sagesse, peignent un enfant chéri avec lequel on s'abandonne. Les rapports de la Sagesse avec Dieu sont ceux du fils et du père avec toute leur intimité. C'est pour réjouir son Père que la Sagesse se joue pour ainsi dire dans la création du monde et en réalise la rédemption ; et le Père a pour le Fils la même dilection, justifiant cette parole : « Voici mon Fils bien-aimé , en qui j'ai mis toutes mes complaisances (3). »

Le Nouveau Testament, en nommant le Messie Fils de Dieu, n'a donc fait que lui appliquer un titre qui lui avait été dès longtemps dévolu (4). Cette appellation avait dans la bouche des Apôtres une signification spéciale (5). Saint Jean nous en avertit en ajoutant au mot fils le qualificatif jjLovoYEvrjç, montrant par là que si, dans les saintes Écritures, l'appellation de fds de Dieu s'applique à d'autres, elle ne convient néanmoins, rigoureusement parlant, qu'au Verbe incarné. Tous les hommes sont enfants de Dieu par adoption; le Verbe seul, consubstantiel à son Père, est Fils de Dieu par sa propre nature. C'est ce que dit saint Paul, qui cite deux fois ce verset : Filius meus es tu, une fois dans la synagogue d'Antioche, devant les

(1) Proverb., xxx, 4.

(2) Proverb., viii, 30.

(3) Joan., I, 14. — Voyez Bohl, Psalmen.

(4) Joan., I, 50. — Matth., xxvi, 63. — Rom., i, 4; viii, 32. — Act., xiii, 33. — Galat, iv, 4.

(5) Joan., I, 14.

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