CHAPITRE IV
abandonné. En dehors de Saiil, d'Achis, roi de Geth (1), d'Achitophel , son ancien conseiller (2), et d'une foule d'autres, le fils d'Isaï vit s'élever contre lui, comme le Christ-Rédempteur, presque tous ceux à qui il avait fait du bien.
10. « Toutes les nations se réuniraient pour m'enfermer dans un cercle de haine, au nom de Jéhovah, je les exterminerais.
11. « Elles m'assiégeraient, elles me presseraient sans relâche : au nom de Jéhovah, je les exterminerais.
12. <( Elles m'environneraient comme un essaim d'abeilles ; elles disparaîtraient comme les épines dévorées par le feu : au nom de Jéhovah, je les exterminerais.
13. « Vous avez frappé le coup qui devait me renverser, et Jéhovah m'a soutenu. y>
Dans ces quatre versets le psalmiste justifie la confiance qu'il a mise en Dieu. Il est vrai que l'hébreu, en employant le prétérit hypothétique "':i2iD, circuierunt me^ n'indique point que de fait tous les rois de la terre ont déclaré la guerre à David : cependant il est certain qu'à plusieurs moments de son règne il eut à combattre la coalition de tous les princes ses voisins.
Ce passage fait songer aux ennemis du Christ et de son Église. Quelle est la nation de la terre qui ne les a jamais combattus, soit seule, soit dans une coalition.
On ne peut manquer d'être frappé de l'assimilation de ces attaques à celles des abeilles irritées. L'homme ne peut rien d'efficace contre l'œuvre de Dieu et contre son Christ. Les blessures qu'il fait sont des piqûres d'a-
(1) I Reg., XXI, 12; xxix.
(2) II Reg., XVI, 23;xvn.
beilles , tandis que la colère de Dieu est le feu qui dévore les épines.
Le verset 13 : « Vous avez frappé le coup qui devait me renverser... » reproduit l'idée de la protection efficace de Dieu sous la forme d'un reproche à un ennemi qui personnifie l'hostilité de tous. Peut-être s' agit -il ici de Saiil, qui au psaume xvii est caractérisé de la même manière ( 1 ) : c'est du moins l'opinion de certains auteurs , entre autres de Lyra. Saiil fut le plus dangereux ennemi de David ; mais qu'a-t-il pu contre lui?
14. « Ma gloire et mon chant de victoire, c'est Jéhovah. 11 a été mon salut.
15. « Les cris de joie et de salut ont rempli les tentes des justes.
16. <( C'est la main de Jéhovah qui donne la victoire. La main de Jéhovah est puissante : la main de Jéhovah donne la victoire.
17. « Je ne mourrai point; non, je vivrai. Je raconterai les œuvres de Jéhovah. »
Il y a dans les versets que nous venons de citer un mouvement poétique qui doit être remarqué. Il semble que le psalmiste annonce au verset 14 un chant lyrique qu'il va commencer. Mais c'est le peuple dans l'enthousiasme de sa joie qui, faisant écho à ces paroles : // a été mon salut, continue ce chant de victoire : Les cris de joie... Ce que les guerriers victorieux ont chanté sous leurs tentes au lendemain des victoires de David, le peuple tout entier le répète ici : La droite de Jéhovah a déployé sa puissance, etc.
(1) C'est vous qui m'avez délivré de l'horame violent (v. 49).