CHAPITRE IV
morlis, gloria et honore coronatum, ul gralia Dei pro omnibus gustaret mortem (1). Tout est soumis à l'homme mystérieux du psaume : Omnia^ Sb, subjecisti sub pedibus ejus. Or saint Matthieu relate cette parole du Christ : Data est mihi omnis potestas in cœlo et in terra (2). Il n'y a évidemment que Dieu et son Christ qui puissent s'attribuer une pareille autorité. Saint Paul lui-même en fait la remarque (3). Quand Hengstenberg- ne voit dans ces textes de l'Écriture qu'une application vague et homilitique, il nous paraît s'égarer. Évidemment le témoignage de l'Écriture nous indique qu'il s'agit dans le psaume viii, non de l'homme en général, mais du Christ fait homme , dont Salomon fut la figure. Les Juifs appliquaient ce psaume au Messie (4) et Jésus se l'applique à lui-même , lorsqu'à son entrée triomphante à Jérusalem il dit aux pharisiens : Nimquam legistis quia « ex ore infantium et lacteniium perfecisli laudem (5)? »
Commentaire du psaume.
1. « Sur la lyre. » C'était un instrument de musique originaire de Geth , dans le pays des Philistins, et pour
(1) Or quelqu'un a dit dans un endroit de l'Étriture : « Qu'est-ce que l'homme pour mériter votre souvenir? et qu'est-ce que le fils de l'homme pour être favorisé de votre visite? Vous lavez rendu pour un peu de temps inférieur aux anges, vous lavez couronné de gloire et d'honneur ; vous lui avez donné l'empire sur les ouvrages de vos mains. Vous lui avez assujetti et vous avez mis sous ses pieds toutes choses.... » Cependant nous ne voyons pas encore que tout lui soit assujetti. Mais nous voyons que Jésus, qui avait été rendu pour un peu de temps inférieur aux anges, a été couronné de gloire et d'honneur à cause de la mort qu'il a soufferte, Dieu par sa bonté ayant voulu qu'il mourût pour tous.
(2) Matth., XXVIII, 18.
(3) I Cor., XV, 27. Omnia subjecit sub pedibus ejus. Cum autem dicit : omnia subjecta sunt ei, sine dubio prœter eum qui subjecit ei omnia.
(4) Vide Lib. Caphtor et Midrasch Coheleth, c. i, v. 9. Ferrand et Grotius, Ps. VIII.
(5) Matth., XXI, 14-16.
cela appelé en hébreu gitlith, espèce de lyre que les Grecs appelèrent dorique. Les psaumes ainsi notés sont des psaumes d'allégresse (1).
Les Septante et saint Jérôme ont traduit le mot hébreu n^nan, Hagihttith, différemment; ou plutôt ils ont lu ninan, Hagaltoth^ qui signifie torcularia; de là ce titre de la Vulgate : In finem, pro torcularibiis. Sur ce terme, on ne trouve dans les interprètes que des conjectures très incertaines qu'il serait trop long d'énumérer (2). On a rapproché de Gittith le vieux mot français Guitterne. Rosenmuller n'a aucun doute sur la signification du mot qui désigne un instrument de musique.
2. « Jéhovah, notre Souverain, que votre nom est glorieux sur toute la terre ! Vous avez rempli le ciel de votre magnificence.
3. (( Vous avez placé une vertu puissante dans la bouche des enfants, dans ceux qui sont à la mamelle, contre vos contradicteurs, pour imposer silence à l'homme de haine et de vengeance. »
Ceux qui ne voient dans ce psaume rien qui se rapporte à Salomon, rien qui se rapporte au Messie, éprouvent quelque embarras à expliquer le verset troisième. On comprend que le psalmiste signale les merveilles de la nature sur la terre et dans les cieux comme un témoignage éclatant de la majesté de Dieu; mais un en-
(1) Voyez ps. Lxxx et lxxxiv.
(2) Saint Thomas explique ainsi Pro torcnlaribus. David, dit-il, célébrait les fêles avec une dévotion spéciale et avait coutume de composer un hymne à Jéhovah à cette occasion. La fête des tabernacles était la principale. Or cette solennité avait lieu au moment des vendanges, c'est-à-dire au moment où l'on se servait des pressoirs. De là le titre du psaume. [In psalm. viii Expositio.)