CHAPITRE IV
les bœufs, tous les troupeaux avec les animaux des champs ;
9. « Les oiseaux du ciel, les poissons de la mer, tout ce qui se trace un sentier sous les ondes.
10. « Jéhovah, notre Souverain, que votre nom est glorieux sur toute la terre ! »
L'Ange de Técole rapproche ces derniers versets du texte de saint Paul : Au nom de Jésus tout genou fléchit... et ajoute que ce règne du Christ sur toutes choses, commencé le jour de l'Ascension, aura sa pleine réalisation au jour du jugement dernier. Alors, selon le mot de l'Apôtre, nous verrons l'univers soumis à l'humanité sainte du Christ, les bons et les méchants, oves et boves^ les grands et les petits, volucres cœli et pisces maris ; nous admirerons sa clémence autant que sa majesté, et au ciel comme sur la terre nous dirons : Domine, Dominus noster, quam admirabile est nomen tuum in universa terra (1) !
Psaume XLIV.
PSAUME PROPHÉTISANT SOUS FORME d'ÉPITHALAME l'uNION DE JÉSUS-CHRIST ET DE SON ÉGLISE.
Exposition.
Ce psaume, l'un des plus magnifiques du psautier, a pour objet de célébrer les splendeurs de la royauté d'Israël, en tant que cette royauté représente la gloire du règne de Jésus-Chrit et de son Église. Dans le tableau grandiose que le psalmiste place sous nos yeux , nous voyons au premier plan Salomon, et derrière lui les princes de sa race illustrés parles succès et la prospérité de leur règne.
(1) D. Thom. Aquin., ^oc. cit.
3Iais au-dessus de Salomon et de ses successeurs, irradiant le tableau, apparaît Jésus-Christ triomphant dans son Église, objet principal et dernier du cantique. On a indiqué le sens le plus élevé du psaume, quand on a dit qu'il est Tépithalame inspiré prophétisant les noces éternelles de Jésus-Christ sauveur et de l'Église son épouse.
David, nous le répétons ici, savait qu'un grand avenir était réservé à ses successeurs et surtout à Salomon , son héritier immédiat. Il considérait le fils ^ de Bethsabée comme le représentant glorieux du règne messianique ; il voyait en lui le type du Messie ; et c'est le Messie qu'il a célébré dans son fils. Si David s'est placé à ce point de vue en écrivant, il n'yj a plus lieu de rechercher dans la vie de Salomon la réalisation complète et littérale de toutes les gloires et de tous les faits chantés dans le psaume. Il suffit que les rois issus de la souche de David, et particulièrement le Messie, aient réalisé toutes les prophéties du cantique. David, au moment où il le composa, entrevoyait déjà comme possible le mariage de son fils avec la fille de Pharaon; peut-être même avaitil conseillé cette union. En tout cas, il avait le pressentiment d'une illustre alliance que contracterait ce fils prédestiné, et, soit que cette alliance ne fût encore qu'une idée vague, soit qu'elle fût à l'état de projet, David nous semble, en s' élevant aux noces éternelles du Christ avec son Église, l'avoir chantée dans son psaume (1).
(l) La date de ce mariage n'est pas certaine. Des interprèles la fixent avant la mort de David, d'autres un an ou trois ans après. Le livre des Rois place ce mariage au commencement du règne de Salomon, avant son voyage à Gabaon et après la mort d'Adonias, son frère et son compétiteur. 11 eut certainement lieu avant que le jeune roi eût achevé le palais et le temple ; car nous lisons au Ilï^ livre des Rois (m, 1) : « Salomon conduisit la fille du Pharaon dans la cité de David, en attendant qu'il eût fini de bâtir son palais et le temple de Jéhovab... (Cf. Hieronym., Episf. ad Vilalem prcsbyt.)