CHAPITRE IV
de la lumière éternelle et le miroir sans tache de la majesté de Dieu (1) . « Le rayonnement de sa divinité revêt son corps d'un éclat qu'aucun mortel ne connaîtra jamais (2). « Pour ceux qui sont éclairés des lumières de la foi , dit saint Augustin, Jésus-Christ apparaît beau en toutes choses et dans tous ses états. Il est beau alors que, Verbe de Dieu, il est en Dieu; il est beau dans le sein de la Vierge où, sans perdre sa divinité, il a revêtu notre humanité ; il est beau, petit enfant, dans l'étable où il jette ses petits cris d'enfant; ses cris sont inarticulés, mais les cieux parlent pour lui et racontent sa naissance. Il est beau dans le ciel, il est beau sur la terre ; il est beau sur le sein de sa mère, il est beau entre ses bras, il est beau dans ses miracles; il est beau dans la flagellation, il est beau sur la croix, il est beau dans le sépulcre, il est beau dans le ciel. La souveraine et vraie beauté, c'est la justice ; on ne trouverait plus Jésus beau, si on pouvait le trouver injuste. Mais il est partout la justice même, donc il est partout la beauté même (3). »
La grâce répandue sur ses lèvres, c'est la bonté , c'est l'amour qu'il a pour les hommes dont il a daigné devenir le frère. « Tout le monde admirait les paroles pleines de charmes qui sortaient de sa bouche, dit l'Évangile, et ses ennemis mêmes avouaient que jamais homme n'avait parlé comme lui (4). »
« On ne pouvait douter, ajoute Bossuet, qu'il ne fût celui à qui le psalmiste avait chanté : 0 le plus beau des enfants des hommes! la grâce est répandue sur vos lèvres. On quittait tout pour l'entendre, tant le charme
(1) Sap., VII, 26.
(2) « En lui habite corporellement la plénitude delà divinité. » (Coloss., 11,9.) •
(3) August., Enarrat. inpsalm. xliv.
(4) Luc, IY,22. — Joan., VII, 46.
de sa parole était puissant. Les populations de la Palestine, quand les pharisiens les laissaient à leur sens juste et aux mouvements de leur cœur, allaient au Sauveur; c'était pour elles le Roi-Messie : elles s'abandonnaient à ses directions ; jamais on n'avait régné de cette sorte : c'était le règne admirable prédit dans le psaume (1). » « Que ce cher bien-aimé est beau entre tous les enfants des hommes! dit enfin saint François de Sales ; oh! que sa voix est douce, comme procédant des lèvres sur lesquelles la plénitude de la grâce est répandue! Tous les autres sont parfumés, mais lui il est le parfum même ; les autres sont embaumés, mais lui il est le baume répandu. Le Père éternel reçoit les louanges des autres , comme senteurs de fleurs particulières ; mais au sentir des bénédictions que le Sauveur lui donne, il s'écrie sans doute : Oh! voici l'odeur des louanges de mon Fils, comme l'odeur d'un champ plein de fleurs que j'ai béni (2). »
Malheur à celui qui outragera cette aimable apparition de la mansuétude et de la grâce de Dieu. Cette pensée est exprimée aux versets 4 et 5.
4. « Ceignez votre épée autour de vos flancs, noble guerrier.
5. « Entourez-vous d'éclat et de majesté. Dans votre gloire, marchez au combat; volez à la victoire au nom de la vérité, de la mansuétude et de la justice. Vos exploits nous révéleront votre puissance. »
Après avoir célébré la beauté et les grâces de Salomon, les filles de la noce chantent ici sa valeur. Il n'est rien dont les princes soient plus jaloux que de la réputation de grand capitaine. De ce que Salomon ne fit ja-
(I) Méditation sur les Évangiles, deuxième semaine, ll^ jour. ('2) Saint François de Sales, Traité de l'amour de Dieu, 1. V,c. xi.