‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 256 sur 291 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

mais la guerre il ne suit pas que les paroles du psaume ne puissent s'appliquer à lui. Elles disent plutôt ce qu'il eût pu se montrer que ce qu'il fut.

L'épée du Roi-Messie a fourni un thème à un monde d'allégories. C'est, dit saint Thomas d'après saint Paul, le glaive de sa doctrine , de sa parole : Vivus est enim sermo Dei et efficax et penelrahilior omni gladio ancipiti (1). Cette épée est la défense de la vérité, de la justice. Dieu lui-même fait la garde autour de ces deux colonnes du monde moral , et les châtiments éclatants dont sont frappés ceux qui veulent les ébranler sont les flèches du verset 6.

6. (( Vos flèches sont terribles : les peuples tombent à vos pieds : elles percent le cœur des ennemis du roi. »

Le Christ a employé deux moyens pour convaincre ses ennemis : la persuasion et le fouet du temple. Les Juifs endurcis périssent sous le glaive des Romains et sont dispersés par toute la terre ; et les païens cèdent aux attraits de l'Évangile, dont ils embrassent les lois avec amour. Le règne éternel de Dieu consiste dans le triomphe de la justice et de la miséricorde.

7. « Votre trône, ô Dieu, est inébranlable pour l'éternité. Le sceptre de la justice est le sceptre de votre empire.

8. « Vous aimez la justice et vous détestez l'iniquité; c'est pour cela que le Seigneur, votre Dieu , a versé sur" vous l'huile de l'allégresse, de préférence à vos frères. »

Les frères de Jésus-Christ sont assurément tous les

(1) Hebr., iv, 12. « La parole de Dieu est vivante et efficace; elle perce plus qu'une épée à deux tranchants; elle pénètre jusqu'aux replis de l'àine vX de l'esprit. »

hommes, dont il s'est approprié la nature. Mais il s'agit principalement, au verset 8, des personnages figuratifs de l'Ancien Testament, des saints rois, des saints prophètes, de Melchisédech, de Moïse , de Josué , de David , de Salomon. Eux aussi avaient reçu Fonction de l'huile de l'allégresse : ils avaient été visités par l' Esprit-Saint ; mais le Christ-Rédempteur, roi des siècles futurs, est placé audessus d'eux à une hauteur incommensurable. Au Christ appartient éminemment le nom sacré de Dieu et n'appartient qu'à lui. Lui seul aussi peut avoir un trône éternel. On peut dire d'une dynastie, dans un langage poétique et exagéré, qu'elle durera toujours. Mais la poésie ellemême ne saurait dire d'un roi en particulier qu'il ne peut mourir, qu'il demeurera éternellement sur son trône. Dans ce verset, comme dans les suivants, le roi éternel ne peut être que le Verbe fait chair, dont saint Jean a dit : In principio eral Verbum et Verhum eral apud Deum et Deus erat Verhum; le Verbe dont l'ange prédisait ainsi le règne au jour de l'Annonciation : « Il aura le trône de David, son père, et il régnera éternellement dans la maison de Jacob (1). » Remarquons que les mots hébreux IV^ oh'iy expriment l'éternité au sens le plus large, l'éternité de Dieu.

Saint Paul applique textuellement à Jésus-Christ ces deux versets, pour démontrer aux Hébreux que le Sauveur est élevé bien au-dessus des prophètes et des anges. Voici ses paroles : (( L'Écriture dit des anges : Dieu les a créés comme des flammes ardentes pour en faire ses ministres. Mais elle dit au Fils : Votre trône, ô Dieu! sera un trône éternel ; le sceptre de votre empire sera un sceptre d'équité. Vous avez aimé la justice et vous avez haï l'ini-

(1) Luc, I, 33.

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