‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 257 sur 291 · CHAPITRE IV. 4H · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 4H

quité : c'est pourquoi, ô Dieu! votre Dieu vous a sacré d'une huile de joie, de préférence à tous ceux qui participent à votre gloire (1). »

Remarquons que saint Paul met le premier mot Deus^ 6 0so;, au vocatif. Saint Augustin soutient qu'il doit en être ainsi, que le grec le veut évidemment : Sic in grseco evidentissimum est (2). Saint Jérôme est du même avis : « Le mot Elohim , dit-il , est la première fois au vocatif et la seconde fois au nominatif. Ce passage confond Photinus. . . Il s'agit ici de deux personnes de la sainte Trinité (3). » (( Le sens de ce verset est donc, ajoute Bellarmin : Unxit te, 0 Christe Deus, Deus paler luus oleo lœtitiœ. » « Que les Juifs nous disent maintenant, reprend saint Augustin, quel est ce Dieu oint par un Dieu. Nous avons en main les mêmes livres ; tous portent : Unctus est Deus a Deo. « « Jésus, continue Bossu et, est oint par le Saint-Esprit, comme l'ayant en lui par sa divinité, comme ayant reçu du Père qui est en lui la vertu de le produire ; comme le donnant en propre à l'homme qu'il s'est uni en unité de personne. C'est ce que voyait le prophète lorsqu'en disant qu'il a été oint par son Dieu, en même temps lui-même il l'appelle Dieu. Telle est l'onction qui a fait le Christ. Ce n'est pas d'une huile matérielle qu'il a été oint, comme Elisée et les prophètes, comme David et les rois, comme Aaron et les pontifes. Quoique roi, prophète et pontife, il n'a pas été oint de cette onction qui n'était qu'une omhre

(1) Hebr., i, 8 et seq.

(2) Plusieurs fois dans les Septante (Ps. cxxxmii, 17; Cantic., vi, 12), comme aussi dans saint Matthieu (i, 20) et dans l'Apocalypse (xvm, 4), le vocatif est un substantif sans interjection; d'autres fois l'article nominatif remplace l'interjection to. Aux versets 7 et 8 de ce psaume, ô 0e6; est un vrai vocatif équivalant à w ©eoç. (Cf. Rosenmiiller, ps. xlv ; Bossuet, supplenda in ps. xuv.)

(3) Ad Principiam.

de la sienne. Aussi David a-t-il dit qu'il était oint d'une huile excellente, au-dessus de tous ceux qui sont nommés oints, parce qu'il est oint de la divinité et du Saint-Esprit, étant de cette sorte le vrai Christ de Dieu. 0 Christ, vous êtes donc connu de tout temps sous ce beau nom ! C'est sous ce nom que le psalmiste vous a vu lorsqu'il a chanté : Votre Dieu vous a oint de l'huile de l'allégresse. C'est vous que Salomon a célébré en disant : Votre nom est une huile, un baume répandu. Et vous-même, qu'avez-vous prêché dans la synagogue, lorsque vous expliquâtes votre mission? Qu'avez-vous, dis-je, prêché que ce beau texte d'Isaïe : L'Esprit du Seigneur m'a envoyé et c'est pour cela qu'il m'a oint (1)? »

9. « La myrrhe, l'aloès et le cinnamome embaument vos vêtements. Dans vos palais d'ivoire les sons de la lyre réjouissent les oreilles. »

Les richesses et la magnificence du Roi-Messie sont ici célébrées par le psalmiste. 11 montre les grâces spirituelles sous les emblèmes les plus aimables. Par la myrrhe, l'aloès et le cinnamome il faut entendre les vertus et les grâces de l'humanité sainte de Jésus-Christ, la bonne odeur de sa sainteté, son amabilité infinie et le charme qui s'exhalait de toute sa personne.

Per aromata^ dit Bellarmin, inlelligimus virtules sive dona Spiritus sancli quœ spiritualem odorem spirant. Dans le langage de l'Écriture, les qualités, les vertus, ce qui charme et ravit les âmes est assimilé aux parfums, aux huiles odorantes. C'est ainsi que l'union et l'harmonie entre les frères est comparée aux parfums précieux répandus sur la tête du grand prêtre Aaron (2). Le Nouveau

(1) Bossuet, Élév. sur les mystères, xm" sem., r® et 2« Élév.

(2) Ps. cxxxii; ps. XI, V. 6. —Isa., xlv, 8, etc.

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