‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 26 sur 291 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

phémateiir, nous prierons pour vous. Que la fin de Satil, dont vous avez reproduit les traits, vous fasse réfléchir, rentrer en vous-même, comprendre où mènent les infidélités aux vocations supérieures, et revenir, avant la mort qui s'approche, au Christ qui vous avait si bien doué pour le défendre, le faire aimer et bénir.

Ce qui pourrait peut-être atténuer l'odieux du jugement porté par M. Renan contre le grand prophète d'Israël, David, c'est que le critique français ne fait que répéter ce qu'un exégète aventureux de l'Allemagne avait dit avant lui. MaxDuncker, répandant des ombres sur l'authenticité des deux premiers livres des Rois (1), authenticité recon-

(1) Nous avons prouvé l'authenticité des deux premiers livres des Rois dans notre second volume des Prophéties messianiques ; nous ne pouvons y revenir ici et nous y renvoyons le lecteur. Toutefois, il est bon que nous donnions un développement au troisième procédé par lequel la critique négative cherche à se débarrasser de ce qui gêne son naturalisme, procédé que nous avons appelé la pluralité des sources. D'après ses allégations les plus récentes, que l'école hollandaise s'est efforcée de justifier et de développer, nos livres sacrés les plus anciens ne remonteraient pas, quant à leur arrangement définitif , au delà du huitième siècle avant J.-C. Cette affirmation sans preuves est contredite par les raisons les plus décisives, telles qu'on les trouve dans lexcellent ouvrage de labbé Vigouroux {les Livres saints et la critique rationaliste, t. III). Cette affirmation toute gratuite n'en sert pas moins de base à leur système d'élimination et d'interprétation. Chacun des livres de la Bible aurait deux, trois, quatre écrivains pour auteurs. Le dernier en date aurait été le compilateur, l'ajusteur, l'arrangeur. La critique négative croit reconnaître un écrivain , non plus seulement par les noms divins que chacun préfère, mais à d'autres signes distinctifs qui, est-il besoin de le dire? n'ont rien de sérieux. C'est le retour de certains mots, préférés par Tun et négligés par l'autre; c'est une tendance profane ou piétiste; c'est une couleur sacerdotale ou une allure plus laïque ; des intérêts qui se combattent, des répétitions et des contradictions. Tout cela se meut et se joue dans la sphère Imaginative. Aussi dans la critique négative ne trouve-t-on guère d'auteurs adoptant les mêmes signes distinctifs, les mêmes oppositions de nuances et de caractère.

Quand, pour des critiques sérieux, il s'agit, en matière d'histoire, d'amoindrir ou de fortifier le témoignage d'un auteur, on se sert, pour y parvenir, d'autres écrivains, ordinairement contemporains, qu'on lui oppose. Ici, comme les textes bibliques sont presque toujours les seuls qui témoignent des faits et des événements, c'est dans un même récit, manifestement émané d'une

nue par la critique négative, par Ewald et Thenius, jette , au milieu du concert général, les accusations les plus graves à David et à Samuel. L'un et Tautre, selon lui, sont des ambitieux, des intrigants, des révoltés. Ce n'est point Saûl qui serait ingrat envers David, mais bien ce dernier , qui , comblé de bienfaits , aurait ravi à Saûl l'affection des siens, son trône et sa gloire. Il aurait ourdi des conspirations heureuses dont les prêtres auraient été les complices.

Non seulement Duncker n'a pas fait la preuve de ces assertions, mais tous les documents de l'histoire de David réfutent l'acte d'accusation; et Eisenlohr n'a été que l'organe du jugement public lorsqu'il a dit que l'appréciation étrange de Duncker était toute fantaisiste, et qu'en se plaçant ainsi en dehors et au-dessus de la Bible, il avait absolument abandonné le terrain historique pour se jeter dans le roman.

Dans ses appréciations arbitraires, Duncker dénature absolument le sentiment national israélite, la tradition et les faits historiques. Il a introduit des hypothèses empruntées à des peuples qui n'ont rien de commun avec le peuple de Dieu. Les rapports théocratiques des prophètes avec les rois, et la marche générale du développement national sont entièrement méconnus. En contredisant

seule plume que l'on cherche et que l'on croit trouver des langages di£férents, des nuances et des oppositions, des écrivains du nord ou du midi de la Palestine. 11 ne faut pas s'étonner qu'une audace pareille soit mal récompensée. Ce sont des subtilités qui fatiguent. Les professeurs allemands peuvent peut-être intéresser leurs jeunes auditeurs à ce jeu et à ce choc des phrases ou des membres de phrases d'un môme texte. Mais un homme sérieux ne prend aucun goût à ces enfantillages. La subtilité greaiue est dépassée. Le malheur est que les ennemis de la Bible s'imaginent être autorisés par là à la travestir à leur gré et à en nier l'autorité. C'est le cas de M. Renan, qui fournit un des plus stupéfiants exemples de la décadence de la critique, toutes les fois que la religion est en cause.

CHAPITIŒ IV. 33

ainsi les grands principes de la critique, en même temps que les seules informations que nous possédons et sur lesquelles nous devons nécessairement former notre jugement, Duncker montre manifestement l'étroitesse, la partialité, le parti pris, en un mot, tout ce qu'il y a de plus fâcheux dans ceux qui se charg-ent d'écrire l'histoire.

Page 1