‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 262 sur 291 · CHAI>1TRE IV. 42J · texte numérisé non relu

CHAI>1TRE IV. 42J

en Dieu avec Jésus-Christ, et cest du Christ et de ses vertus qu'il est revêtu (1). Cette manière d'interpréter le texte n'aura rien de forcé aux yeux de celui qui est iamiharisé avec le symbolisme de la sainte Écriture. Ainsi Ézéchiel exprime les grâces et les avantages accordés à Jérusalem par des images absolument semblables. « Je vous ai donné, dit le Seigneur à la femme typique qui représente Jérusalem , je vous ai donné des robes en broderie , une chaussure bleu-ciel, une ceinture de fin lin, et les habits les plus riches (2), » etc.

Les \ierges qui marchent derrière la reine sont, dit saint Thomas, les âmes pieuses, les saintes femmes, qui ont suivi Jésus-Christ pendant sa vie mortelle, et toutes celles qui non seulement observent les lois, mais aussi pratiquent les conseils évangéliques : en général, ceux qui se livrent aux œuvres saintes, les âmes contemplatives, fidèles à leur vocation, les chrétiens qui , soit dans le cloitre, soit dans le siècle, méprisent le monde pour s'attacher à Jésus-Christ.

Saint Jean, dans son Apocalypse, parle de ces âmes à peu près dans les mêmes termes : <( Personne ne pouvait chanter le cantique, si ce n'est ceux qui, s'étant affranchis du monde, ne se sont point souillés avec les femmes, et sont demeurés vierges : ceux-là suivent l'Agneau par-^ tout où il va (3). » « Heureuses âmes, continue Bellarmin, qui suivent l'Agneau dans ce chemin virginal, en chantant le cantique nouveau inconnu aux anciens patriarches, et qui vont en le chantant jusqu'au temple du Roi, jusqu'aux tabernacles éternels (h). »

(i) Rom., XII, 14. — Galat., m, 27.

(2,^ Ezech., XVI, 10, l'i. Cf. Luc, xv, 22.

(3) Apocal.,xiv, 3 et 4.

(4) Bellarmin., ?oc. cit.

17. « La place de vos pères sera occupée par vos enfants : vous en ferez des princes pour tous les peuples.

18. « Et moi je veux transmettre votre nom à toutes les générations; et les peuples vous loueront toujours et* pour l'éternité. »

Après avoir adressé la parole à la reine, le psalmiste l'adresse au roi. 11 ne peut exister de doute à cet égard, puisque dans le texte hébreu tous les suffixes sont au masculin.

Le caractère messianique du psaume se montre ici avec évidence; il s'impose. Il est impossible de faire à un monarque terrestre l'application du verset 17. A quel roi a-t-on pu jamais donner l'espérance qu'il mettrait ses enfants sur tous les trônes de la terre? Salomon même ne put concevoir la pensée de placer ses enfants sur le trône d'Egypte. En appliquante verset 17 au Messie, tout devient possible, tout est clair et tout est vrai. Les enfants sont les héritiers du Christ, ses fils dans la Rédemption. Les apôtres, les pontifes, les saints rois remplaceront dans la loi nouvelle les ancêtres du Christ, les patriarches Abraham, Isaac, Jacob, et le roi David (1). Les patriarches et les rois d'IsraëF n'ont eu autorité que sur un petit coin de terre; mais le Messie et son Éghse régneront sur toute la terre. C'est la réflexion de saint Cyrille : « Pro priorihus patriarchis, Abraham^ paire multanimgeîUium, Isaac et Jacob, sui popiiU suarumque tribuwn auctoribus et propagaloribus, (Ecclesia) habet fîlios plurimos, quorum singuli patriarchas existant numerosissi' marum familiarum, ac integros populos et numerosissimas génies Christo et EcclesicB générant. »

(1) C'est aux apôtres en effet que l'Église dans son oflice applique ces paroles : Constitues eos principes super omnem terrain.

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