‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 269 sur 291 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

complissement des destinées messianiques du royaume d'Israël. Quelle est la première condition de la correspondance à cette magnifique vocation? La justice du Roi. Le règne du Messie est éminemment et avant tout le règne de la justice. Salomon doit, à cet égard, réaliser un grand progrès, non seulement se rapprocher de l'idéal messianique de la justice, mais s'identifier, si faire se peut, avec lui.

Le psaume s'ouvre donc par une prière à Dieu, ayant pour objet d'obtenir le règne de la justice sur la terre.

1. (( Seigneur, donnez au roi l'autorité de vos jugements et votre justice au fils du roi.

2. (( Il jugera votre peuple dans la justice et les opprimés selon le droit.

3. « La paix régnera pour le peuple sur les montagnes, et la justice sur les collines.

k. « Il fera droit aux plaintes des affligés; il apportera le salut aux enfants des pauvres ; il brisera les oppresseurs. »

La prière de David a pour objet d'obtenir à Salomon ces biens désirables; mais en Salomon, au-dessus de Salomon, au delà de Salomon, David voit le Messie. Voilà au sens vrai et concret celui pour lequel prie le vieux roi. Il demande pour le Christ considéré dans son humanité sainte, pour le ^Z** de David selon la chair [1)^ tout ce qui est nécessaire à sa divine mission, et en cela il unit ses vœux et ses prières à celle que le Christ lui-même , pendant sa vie mortelle, adressa souvent à son Père. Tandis que le Sauveur était au milieu de nous, il fit monter souvent vers Celui qui l'avait envoyé ses demandes et ses actions de grâces.

(1) Rom., I, 3.

Observons que les quatre premiers versets du psaume Lxxi sont plutôt l'expression d'un vœu, d'un désir ardent qu'une prière au sens rigoureux. David savait bien n'avoir rien à demander pour le Christ lui-même, nécessairement enrichi de tous les dons de Dieu. Hoc verbo DA innuitur Davidis votum, quo malurationem missionis Messias efflagitat; non vero Messiâs aliquid impetravit. Mais le Messie pouvait avec David demander la justice pour les rois et pour les ministres de l'Église, extension humaine de sa personne.

Les deux noms de Roi, fils du Roi, sont donnés au Messie. Le Christ était roi comme Dieu et fils de roi comme homme. Dans le texte hébreu le mot roi n'est point précédé de l'article; ce qui indique qu'il s'agit du roi par excellence, du Messie : la version chaldéenne l'exprime nettement en traduisant ainsi : Regi-Messiœ. Ces mots. Roi, fils de Roi, appliqués au Messie et à son Père céleste reviennent souvent dans FÉvangile : Simile factum est regnum cœlorum homini régi qui fecit nuptias filio siio. Il en est de même dans l'Ancien Testament (1).

La justice est essentielle aux jugements de Dieu , lesquels sont la réparation de la fausse justice , de l'impuissance et de l'indignité des jugements des hommes. La justice du verset 3 est, comme l'a dit l'apôtre saint Paul (2), le jugement par lequel l'iniquité du monde est jugée, le jugement du Roi à qui toute puissance a été donnée au ciel et sur la terre. Les commentateurs ont remarqué ces mots : justitiam ïuam Régi da. Les juge-

(l)Malth.,xxii,2; III, 17 ; xvii, 5. — Joan., m, 15. — «Filius meusestu, ego hodiegenui te (Ps. supra).» — «Ex te(Bethleheni^egredietiirquisit dominator in Israël, et egressus ejiis ab initio, a diebus œlernilatis. » i^Michœ., v. 2) ; Isa., IX, 6 et 7; XI, 1, 4; XLii, 1, 4; Os., m, 5.

(2) Coloss., II, 15.

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