CHAPITRE IV
cieuses. D'après riiistorien Josèphe, Séba désignerait Méroé, province des bords du Nil.
On peut à la rigueur, dit un interprète, prendre tout ceci comme une figure emphatique et l'entendre historiquement de Salomon. L'Écriture témoigne que ce prince se vit élevé au-dessus de tous les rois du monde par ses richesses et son génie. Toute la terre désirait voir son visage et écouter la sagesse que Dieu lui avait fait aimer. Chacun lui envoyait tous les ans des tributs. Il en recevait des princes d'Arabie, et la reine de Saba vint exprès à Jérusalem, chargée de présents, pour contempler cet illustre monarque (1). Le poids de l'or qu'il recevait en une année, dit le texte sacré, était de 666 talents d'or pur, près de 283,000 kilogrammes, ou 93,4'7i,000 francs, outre les impôts sur les marchands, les tributs de tous les rois vassaux et les redevances des gouverneurs du pays (2).
Observons que ni Tarse ni les îles ne rendirent hommage à Salomon : il eut assez d'éclat pour figurer la gloire du Christ, mais non pour la réaliser. Il faut donc voir prédit en ces versets le règne du Roi-Sauveur annoncé par Zacharie, « ce Roi dont l'empire pacifique s'étendrait d'une mer à l'autre et des fleuves jusqu'aux limites de la terre (3) ».
« Que je triomphe d'aise, s'écrie Rossuet , quand je vois dans TertuUien que déjà de son temps le nom de Jésus était adoré par toute la terre , et que dans toutes les provinces du monde, qui pour lors étaient découvertes, le Sauveur y avait un nombre infini de sujets! Nous sommes, dit hautement ce grand personnage, presque
(1) III Reg., X, 1, 2, 23, 25; xv, 2. Cf. doni Calmet, psaume LXXXI.
(2) 111 Reg., X, 14.
(3)Zach., IX, 9 et 10.
la plus grande partie de toutes les villes. Les Parthes invincibles aux Romains, les Thraces impatients de toute sorte de loi , ont subi volontairement le joug de Jésus. Les Mèdes, les Arméniens, les Perses, les Arabes et ces vastes provinces de l'Orient ; l'Egypte , l'Ethiopie et l'Afrique la plus sauvage , les Scythes -toujours errants et la Barbarie la plus inhumaine a été apprivoisée par la doctrine modeste du Sauveur Jésus. La perfide [Angleterre, que le rempart de ses mers rendait inaccessible aux Romains, lafoi du Sauveur y est abordée. Quedirai-je des peuples des Espagnes et de la belHqueuse nation des Gaulois , l'effroi et la terreur des Romains , et des fiers Allemands qui se vantaient de ne craindre autre chose sinon que le ciel tombât sur leurs têtes? Us sont venus à Jésus , doux et simples comme des agneaux, demandant pardon humblement, poussés d'une crainte respectueuse. Rome même, cette ville superbe qui s'était si longtemps enivrée du sang des martyrs de Jésus, Rome, la maîtresse, a baissé la tête et a porté plus d'honneur au tombeau d'un pauvre pêcheur qu'aux temples de son Romulus. Et Jésus règne partout, Jésus est adoré partout , il est le Roi de tous, il est le Seigneur et le Dieu de tous (1). »
12. « Car il sera le salut du pauvre qui crie : il sera aussi celui des affligés qui n'ont aucun appui.
13. « Il prendra en pitié le faible et l'indigent : il sera le secours des pauvres.
14. « Il les affranchira de l'oppression et de la violence : leur sang est d'un grand prix à ses yeux. »
David savait parfaitement que la vraie gloire des rois, le seul moyen de les rendre illustres parmi les nations, c'est de secourir les faibles et de protéger les pauvres.
(1) Bossuet, l»'" sermon pour la Circoncision, l»"" point.