CHAPITRE IV
l'encens, et publier les louanges du Seigneur. » L'une et l'autre de ces prophéties s'est accomplie à la lettre dans le Christ. Dès son berceau Jésus a reçu les dons offerts par les rois Mages.
Le texte hébreu : « On le bénira tout le long du jour, » semble exprimer ici l'idée de prières pour le Christ, plutôt qu'une prière de bénédiction. Mais de même que l'offrande de l'or au roi n'avait point pour but de l'enrichir, de même les prières ne pouvaient avoir pour objet d'obtenir quoi que ce fut que le Christ ne possédât éminemment. Seulement l'hommage offert sous forme de prière répond aux habitudes du cœur humain. D'ailleurs, l'extension du règne de Dieu sur la terre est Tune des demandes de la prière dominicale : Adveniat regmimfitum.
16. « Que le froment se multiplie dans le pays jusqu'à la cime des montagnes. Que les épis ondulent comme les arbres du Liban. Que les habitants de la ville prospèrent comme l'herbe des champs.
17. « Son nom subsistera éternellement : il demeurera comme le soleil. Tous les peuples seront bénis en lui et ils le béniront à leur tour.
18. « Béni soit Jéhovah, qui seul accomplit des merveilles. »
Les bénédictions messianiques sont ici représentées sous les images de la prospérité terrestre, c'est-à-dire par l'abondance des fruits de la terre, par le bien-être et la joie des nombreuses populations des villes. Moïse avait promis au peuple d'Israël, s'il se montrait fidèle à Dieu, de multiplier ses enfants et tous les fruits de la terre : Et ahundare te faciel in sobole uteri lui,., et in fructu jumenforum, in ubertate terrœ tuée (1)... Il est certain que le bon-
(1) Deuteron.. \xx. 9.
heur matériel d'un peuple est corrélatif à ses qualités morales; et la société la plus heureuse, même humainement parlant, est aussi la population la plus vertueuse. Mais n'oublions point qu'il s'agit ici surtout des grâces spirituelles, du pain de la parole de Dieu, de la multiplication des chrétiens et de la gloire de leurs œuvres.
Par les habitants de la ville il faut entendre, au sens littéral, les habitants de Jérusalem. Pour les Israélites cette expression la ville, T»^, employée sans déterminatif, signifiait Jérusalem, comme urhs chez les Romains désignait Rome. Au sens spirituel il faut entendre la cité de Dieu, l'Église, appelée par saint Paul la ville du Dieu vivant (1). Il dit aux chrétiens de son temps : Accessistis ad Sion, montem et civitatem Dei viventis, Jérusalem cœlestem...
Le nom sacré qui doit durer autant que l'éternité, le nom qui doit être invoqué aussi longtemps que brillera la lune, c'est le nom du Sauveur Jésus, dont saint Pierre a dit : Non est in aliquo alio salus. Nec enim aliud nomen est sub cœlo dalum hominibus in quo oporteat nos salvos fieri (2). Ceux qui revendiqueront ce nom de Jésus, comme celui du Sauveur des hommes, se succéderont sans interruption sur la terre. Us formeront l'ÉgUse immortelle, le règne sans fin (3). Ils publieront, adoreront et craindront Jésus- Christ : ils tomberont à genoux au nom de Jésus (4) et trouveront en lui consolation, paix, joie, bonheur pour la vie éternelle (5). Le nom de Jésus, indiquant le règne du Christ, peut être comparé à une racine vivace qui reproduit sans cesse des rejetons. C'est en vain qu'une tige
(1) Hebr., xii, 22-24.
(2)Act., IV, 12.
(3) Matlh., VII, 18. — Luc, i, 33.
(4) Ad Philip., ii, 10.
(5) Joan., XX, 31.