CHAPITRE IV
tombe, quAin rameau se détache : Uno avulso, non déficit aller. Malgré les hérésies, les persécutions, le nom de Jésus-Christ n'a point cessé d'être invoqué et adoré dans l'Église depuis bientôt dix-neuf siècles.
Tous les peuples seront hénis en lui : c'est la reproduction et la justification de la prophétie adressée à Abraham (1) ; c'est un écho à travers les siècles de la promesse faite aux patriarches.
Ces derniers versets confirment ce que nous avons déjà dit plus haut : il n'y a aucune proportion entre la prospérité, la gloire, le règne de Salomon, et la prospérité, la gloire et le règne du Christ. Appliqué à Salomon seul et sans figure, le psaume lxxi serait^ une plate flatterie, toute remplie d'invraisemblances et d'erreurs : appliqué à Jésus-Christ, le même psaume est une des plus belles pages messianiques de l'Ancien Testament.
Nous observons au verset 18 une finale, sorte de doxologie, analogue à celles que l'on remarque à la fin des quatre parties du psautier.
Enfin, comme nous l'avons dit, le psaume se termine par une note d'un auteur inconnu et très ancien, peutêtre de David lui-même.
Nota. — Nous revoyons en 1888, au cours des fêtes du jubilé sacerdotal de Sa Sainteté Léon XIII, le commentaire qui précède, écrit il y a déjà longtemps. En pensant à l'hommage que tous les peuples et presque tous les rois de la terre ont rendu au vicaire de Jésus-Christ, auquel ils offrent en ce moment, dans des proportions inouïes jusquelà et dans une universalité sans précédent, les présents les plus précieux et les hommages les plus solennels, nous
(l) Gen., xii, 3 et seq.
trouvons une justification inattendue de la magnifique proplîétie de David relative aux dons apportés au Roi- Messie, à son règne éternel dans son Église et par son Église. Le xix® siècle , qui a vu le déchaînement de l'impiété triomphante et les sinistres prédictions tant de fois répétées des funérailles d'un grand culte, c'est-à-dire l'annonce de la mort de TÉglise, aura nonobstant été témoin, en 1888, de l'accomplissement des prophéties de David faites il y a près de 2,888 ans. N'est-ce pas l'occasion de s'écrier avec le psalmiste : « Quare fremuerunt gentes et popuU meditati sunt inania? » 0 triomphe inattendu de Jésus-Christ et de son Église , vous remplissez les cœurs fidèles de joies et d^espé ronces : vous ranimez et vivifiez la foi chez ceux qui pensaient l'avoir perdue! Christ toujours vivant, soyez-en éternellement béni I
Psaume CIX.
INTRONISATION DU MESSIE PRÊTRE ET ROI POUR l'ÉTERNITÉ.
Exposition.
« David, ravi hors de lui-même, transporté bien loin au delà de la gloire de Salomon son fils, a vu au psaume Lxxi Celui qui est plus que Salomon en splendeur aussi bien qu'en sagesse. Le Messie lui a paru sur un trône plus durable que le soleil et la lune. Il a vu à ses pieds toutes les nations vaincues, et ensemble bénies en lui, conformément à la promesse faite à Abraham.
« Au psaume cix, il a élevé sa vue plus haut encore : il l'a vu dans les lumières des saints, et devant l'aurore, sortant éternellement du sein de son Père, pontife éternel et sans successeur, ne succédant aussi à personne, créé extra-