CHAPITRE IV. 4o
mystères, demeurèrent muets devant ces paroles de Jésus : « Si David appellele Christ son Seigneur, comment le Christ est-il son fils (1)? »
Le Sauveur avait posé aux pharisiens la question de savoir de qui le Christ devait être le fils; et ils avaient répondu : de David. La réponse n'était pas complète ; et Jésus voulut arracher aux pharisiens l'aveu cpe le Messie, fils de David, devait être aussi Fils de Dieu, xupio;, "'JiN. (« Il voulut leur faire lever les yeux à une plus haute naissance de Jésus-Christ, selon laquelle il n'est pas fils de David, mais Fils unique de Dieu. Et ils n'avaient qu'à continuer le psaume pour trouver cette naissance éternelle, puisque Dieu même parle ainsi dans la suite : Je vous ai engendré devant l'aurore. Le Jfeisonnement leur était facile. S'il est engendré, il est le Fils; s'il est le Fils, il est de même nature que son Père; s'il est de même nature que son Père, il est Dieu, et un seul Dieu avec son Père; car rien n'est plus de la nature de Dieu que son unité (2\ »
Le grand prêtre, qui interrogea Jésus dans sa passion, éclairé peut-être par cette conversation du Christ avec les pharisiens, ne se trompa ni sur le sens de ce verset, ni sur la pensée de Jésus , lorsqu'il lui demanda : « Êtesvous le Christ, Fils de Dieu? »
Cette identité de Christ et de Fils de Dieu est d'ailleurs affirmée au psaume n, v. 7, par ces paroles de Jéhovah adressées au Christ, ainsi que nous l'avons vu : Filius meus es tu : ego hodie genui te.
Le mot Adonai est donc ici synonyme de El, Elohim. Schaddai, c'est-à-dire de Dieu. Et en effet nous verrons (ju'au verset 5 de notre psaume, l'Adonaï du verset 1 est
(l)MaUh.,xxn, 43.
(2) Bossuet, Médit, sur tes ÉvmujUes, toc. cil.
4o8 DAVID PROPHÈTK.
le Dieu qui juge les nations et fait éclater ses justices sur toute la terre.
« Siège à ma droite. »
Cette parole exprime la part que le Père donne au (Uirist dans le gouvernement du monde et à quel degré il y participe. Elle montre que la majesté, l'honneur, la gloire, la puissance de l'un sont identiques à la majesté, à la gloire, à Thonneur et à la puissance de l'autre. C'est la justification de cette parole du Sauveur : Toute puissance m'a été donnée au ciel et sur la terre. Jamais aucun roi terrestre, si ami qu'il fût de Dieu, ne parait, dans la Bible, revêtu d'une telle puissance et d'une pareille majesté. Qui peut confondre ce Roi du ciel avec le roi Salomon, la réalité avec la figure?
La droite est la place d'honneur par excellence. En Orient , les fils des rois siégeaient à leur droite ; et l'apôtre saint Paul s'écrie avec raison : « Quel est Fange à qui Dieu a jamais dit : Siégez à ma droite? » « Dieu, dit encore le même apôtre (1), a ressuscité son Fils d'entre les morts; il Ta placé au ciel, à sa droite ; il l'a'mis au-dessus de toute principauté, toute puissance, toute force, toute domination, au-dessus de tout ce qui peut avoir un nom, non seulement dans le siècle présent, mais dans le siècle futur. Après avoir offert une seule hostie pour le péché , il s'est assis pour toujours à la droite de Dieu , où il attend ce qui reste à accomplir, c'est-à-dire que ses ennemis soient réduits à lui servir de marchepied (2). »
L'idée du Christ siégeant à la droite de Dieu le Père est reproduite fort souvent dans le Nouveau Testament (3),
(1) Eph., r, 20, 21.
(2) Heb., I, 13; x, 12, 13.
(3) Act., vu, 55, 56. —1 Pel., m. 22. —Rom., viii, 34.