‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 280 sur 291 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

'2. « Jéhovah étendra de Sioii le sceptre de ta puissance. Règne au milieu de tes ennemis. »

L'insigne royal, le sceptre, le bâton droit, non recourbé à la partie supérieure, signe de justice executive, avait un grand rôle en Orient. Les mouvements du sceptre, dans la main des rois de Perse, avaient des significations très diverses. Le roi Assuérus, qui remit son sceptre d'or aux mains d'Esther, exprimait par là sa plus haute faveur. Chez Homère, comme dans la Bible, le sceptre avait une tout autre importance que parmi les nations modernes, où nous le trouvons à l'état de pur symbole.

Nul doute que le verset 2 ne soit le commentaire de cette parole : Asseyez-vous à ma droite. Le psalmiste exprime par là que la puissance du Père appartient également au Fils.

(( Le sceptre du Messie, dit saint Chrysostome, c'est la croix. Elle a commencé de régner à Jérusalem, sur les montagnes de Sion, au milieu des plus cruels ennemis du Sauveur, les Juifs. De là, elle s'en est allée vers les terres et les mers les plus lointaines, portée par les apôtres et les prédicateurs de l'Évangile ; et aujourd'hui elle règne partout, au milieu d'hommes qui sont ses ennemis, c'est vrai, parce que l'Église en a toujours à mesure qu'elle s'étend; mais enfin elle règne (1). »

3. « Ton peuple généreux aux jours des combats brillera d'un saint éclat : ainsi du sein de l'aurore tombe la rosée matinale. »

Le texte hébreu s'éloigne considérablement ici du texte de la Vulgate, laquelle reproduit le texte des Septante. Il est impossible de concilier aujourd'hui les textes

(1) Chrysojt., loc. cit.

grecs et latins avec celui de la Massore que nous donne Thébreu. Saint Jérôme, lui-même, dans sa propre traduction des psaumes ne Ta pas tenté. Il est à croire que les traducteurs grecs ont été en présence d'un autre texte qu'ils ont fait passer dans leur travail. Robertson cite plus de quinze versions différentes de ce troisième verset. Nous donnons ici la traduction littérale de l'hébreu, et celle de la Vulgate.

Hébreu : Populustuus (ou tecum) promptiiudines {promptus ad serviendum) in die virtutis tuœ {exercitus tui); in splendorihus [ouin montibus) sanctitatis tuas [in pulcherrimo ornatu), ex utero aurorse tihi ros juventutis luœ.

Vulgate : Tecum principium in die virlutis tuœ; in splendorihus sanctorum, ex utero ante luciferum genui te.

Le texte hébreu ne nous donnerait qu'une idée exprimée ailleurs dans beaucoup de textes de la Bible, à savoir : celle de la puissance du règne du Christ. L'image de la rosée pour exprimer un grand nombre se retrouve au deuxième livre des Rois, chapitre xvii , verset i^ : Et operiemus eum, sicut cadere solet ros super terram. Entendu selon l'hébreu , ce verset revient donc à dire : « Au jour de vos expéditions, votre peuple viendra de bon cœur et en grand nombre se ranger autour de vous. » Partant de ce sens , des commentateurs supposent que le psaume a été écrit au moment où David courait un grand danger d'un ennemi inconnu, et où la meilleure partie de son peuple était venue lui offrir ses services (1).

Mais nous opposons à ce sentiment celui de Bossuet, auquel nous nous rangeons (2).

Selon lui, tous les saints Pères, tous les meilleurs auteurs catholiques rapportent ce verset à la naissance

(1) Cf. Rosenmuller, Scholia in psalm. ex.

(2) Bossuet, Siipplenda in 2)salmos : psalm cix.

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