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CHAPITRE IV

éternelle et divine du Christ. C'est entre autres l'opinion de saint Justin (1), de saint Athanase (2), de saint Basile et de saint Cyrille d'Alexandrie (3) . Bref, tous les Pères, toute l'Église entendent ces paroles de Jésus-Christ. Saint Augustin, au nom de saint Jérôme (nous citons toujours Bossuet) , résume ainsi le sentiment universel : Hic {Deus) vero de utero generavit : de utero, hoc est de sua natura, de suis visceribus, de sua suhstantia, de medul- Us divinitalis suœ, ex paterno semine , non decisa suhstantia, sed tota. Remarquons de plus que tous les Pères, sans en excepter un seul, parlent ainsi, non seulement pour convaincre les Juifs de la divinité du Christ, mais même pour confondre les hérétiques.

La plus grande preuve en faveur de cette interprétation, c'est que les Septante, bien plus, Aquila et Symmaque, deux rabbins qui ont traduit la Bible, le premier surtout, pour contredire la version des Septante, pour essayer de ruiner les croyances chrétiennes, ont dans leur texte les mots : ex utero et ante luciferum.

Reste le dernier mot : genui te , que l'hébreu remplace par : vos nativitatis tuœ. Grotius répond que l'hébreu S"C, tal, ros, est une façon élégante de traduire Semen. La rosée et la fécondité se rapprochent quant au sens, surtout lorsque le contexte y invite (4). Voici donc quel serait le vrai sens de l'hébreu : Ex utero [ah intimis)

(1) Justin., Dialog. cum Tryjyh., xxxii.

(2) Contra Arian., or. v (vel iv).

(3) Ad j)sal7n. ii.

(4) Le mot TjmS'» ialduteka, nativitatis tuœ, si diversement interprété, dérive de "îS"' ialad, genuit, d'où iS^ iullad, natns est, que l'on rencontre dans le fameux texte d'Isaïe (ix, 6), parvulxis natus est nol)is. Les Septante auraient pu lire, en retranchant un iorf, au lieu de ialduteka, "^TlS', ielidtika, qui signifie : genui te. Des exemples semblables ne sont pas rares dans les traductions hébraïques.

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anteluciferum [anle sœcida) libi vos naliviliUis liiâe [tihi progenerando effusum est semen ex quo natus es).

La variante des Septante s'explique ainsi facilement; ils ont trouvé le texte obscurà cause des images employées. Suivant leur habitude, quand il s'agit des prophéties, ils ont traduit ces images par des mots plus clairs , et ils les ont rendues par ces simples paroles : Ex va^rpoç Trpo îoiampou iyi'v'rfiGÔLcz; ex utcro ante luciferum genui le. Or, on ne peut pas dire qu'ils avaient l'intention de favoriser les chrétiens et qu'ils s'entendaient avec eux : de plus, ajoute Origène, ils durent avoir en main les meilleurs exemplaires hébraïques.

Enfin nous disons que l'hébreu n'a aucun sens, ou exprime celui que tous les interprètes lui donnent. Et ce sens est celui-là même que les adversaires sont contraints de donner à beaucoup d'autres passages analogues : car il est bien loin d'être le seul à nous enseigner la naissance éternelle de Jésus-Christ. Nous avons commenté dans le psaume ii ce verset prophétique : Filius meus es tu, ego hodie genui te. Citons encore : Dominus possedil me in initio, que l'hébreu et Aquila interprètent : Dominus genuit me; et la célèbre prophétie de Michée : Egressus ejus a diebus œternitatis (1).

ï. « Jéhovah l'a juré, et il ne s'en repentira point : Tu es prêtre pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech. »

Ce verset prédit le sacerdoce du Messie-Roi, c'est-àdire sa médiation, son intercession pour nous auprès de son Père, selon ces paroles de saint Paul : qui est ad dexteram Dei^ qui etiam interpellât pro nohis (2).

(1) Prov., vni, 25.'— Mich., v, 2.

(2) Rom., VIII, 34.

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