‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 284 sur 291 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

mention du sacrifice. Le concile de Trente l'a ainsi compris , et il complète le texte du psalmiste par celui du prophète (1).

Terminons l'explication du verset 4 par deux remarques.

Il n'est point très surprenant que saint Paul, qui connaissait l'institution eucharistique, ait rappelé le sacrifice de Melchisédech ; mais comment David a-t-il rattaché un prêtre obscur aux grandeurs de l'intronisation du Messie? Le fait de l'inspiration et de la vision du psalmiste peut seul l'expliquer.

En second lieu , la pensée principale du psaume est Fintronisation du Messie, vainqueur de ses ennemis passés, présents et futurs. Les circonstances et les conditions de cette victoire devaient, ce semble, occuper exclusivement la pensée du psalmiste. Gomment le verset 4 jointil à l'image du roi vainqueur celle de prêtre?

Assurément, s'il ne s'agissait dans le psaume cix, comme le prétendent les rationalistes, que du triomphe d'un monarque terrestre, il serait très difficile d'expliquer le caractère sacerdotal du prince triomphateur. Les protestants ont cherché une explication plausible , et ils ne l'ont pas trouvée. Mais si l'on se place au point de vue messianique , on comprend que le Sauveur des hommes apparaisse dans le psaume sous les traits qui lui sont essentiels, les traits dont il se revêt dans l'Évangile et qui le peignent dans son caractère touchant de médiateur, d'intercesseur, de juge miséricordieux et de Dieu de l'Eucharistie. Les impies qui persévèrent dans leur malice , devaient apprendre à redouter les justices du Roi vainqueur; mais les justes, les élus, les fidèles soldats qui

(1) De Eucharistia, n» 8.

combattent avec Jésus-Christ les combats du Seigneur, avaient besoin de savoir que le Roi-Messie est pour eux un prêtre plein de bonté et de miséricorde , intercédant sans cesse pour eux auprès de son Père , semper vivens ad interpellandwn pro nohis. C'est là, selon nous , une des raisons, un des motifs du verset ï dans un psaume qui , nous le reconnaissons, a principalement en vue le triomphe du Christ sur ses ennemis.

Le verset 5 rentre dans le sujet principal, la victoire complète et définitive du Christ intronisé.

5. « Adonaïest à ta droite, Jéhovah! Au jour de sa colère, il brisera les rois. >>

Après avoir rapporté les paroles qu'il a entendues, paroles adressées par Dieu le Père à son Fils, David, inspiré du Saint-Esprit, raconte dans un saint enthousiasme ce qu'il a vu, ce qu'il a compris lui-même. C'est bien le Christ, sous les traits de Salomon qu'il voit à la droite de Jéhovah ; c'est bien le Juge souverain des vivants et des morts.

Le Christ est appelé Âdonaï^ ijin, c'est-à-dire Dieu. La forme Adonaï est le pluriel de "riTK. Ce pluriel, que les grammairiens appellent pluriel d'excellence, est dans la Bible un des noms de Jéhovah. Il est très remarquable que dans les versets 1 et 5 le nom de Dieu ait été donné au (Christ. Jusque-là celui-ci avait été seulement appelé fils , roi, Seigneur et Christ, c'est-à-dire oint. Cette appellation Adonaï^ confirme les conclusions que nous avions tirées du fait de la place que Jéhovah donne désormais au Messie intronisé. Ce Messie-Seigneur est donc Dieu. Le psaume ii nous a rappelé, au verset 7, que Jéhovah avait déjà proclamé le Messie son fils. Le psalmiste en l'appelant Dieu ne fait que préluder aux noms que le prophète Isaïe donnera plus tard au Messie en le dési-

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