‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 285 sur 291 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

gnant sous le titre de Dieu fort, père de V Éternité (1). L'Église célèbre le mémorable événement de la collation du nom de Adonaï au Messie dans la grande antienne de VAvent, adventus Chrisli : ô Adonaï.

Dans la suite du verset, David voit d'avance par l'esprit de prophétie le triomphe du Christ sur ses ennemis. « Un Néron , un Domitien attaqueront son Église : mais il brisera leur tète superbe. Un Dioctétien, un Maximien, un Galère, un Maximin, tourmenteront ses fidèles ; mais il les dégradera , il les perdra , il les frappera d'une plaie irrémédiable, comme il fit en Antiochus. Un Julien l'Apostat lui déclarera la guerre ; mais il périra d'une main inconnue. Tremblez donc, ô rois, ennemis de son Église! Mais « vous, petit troupeau, ne craignez rien » : votre Roi mettra à ses pieds tous vos ennemis, fussent-ils les plus puissants de tous les rois (2). »

Saint Jean, dans son Apocalypse, a chanté le même triomphe de l'Agneau sur dix tyrans de son Église (3).

6. « Il jugera au milieu des nations : il jonchera le sol des corps de ses ennemis; il leur brisera le chef. »

L'exercice de la justice, la punition du pécheur ont été remis entre les mains du Christ suivant cette parole de l'Évangile : Omne judicium dédit Filio [k).

Le prophète Isaïe a exprimé la pensée du verset 6 lorsqu'il décrit le résultat final des combats des méchants contre le règne du Christ : « On verra gisant les corps

(l)Isa., IX, 6;x, 20.

(2) Bossuet, Médit, sur les Évangiles, loc. cit.

(3) Apoc, xvii.

(4) Joan., V, 22.

des pécheurs ; le ver qui les rongera ne périra point , et le feu qui les brûlera ne s'éteindra pas. Ils seront l'effroi du genre humain (1). »

Nous remarquons dans ces paroles : il brisera leur chef, la différence qui existe entre les jugements de Dieu et la justice des hommes. Souvent celle-ci sévit sur les petits, sur les hommes infimes qui se sont laissé séduire : elle épargne les chefs, les meneurs qui réussissent à se dérober, bien qu'ils soient les plus coupables. Il n'en peut être ainsi dans les vengeances de Dieu.

En traduisant : il brisera leur chef y nous reproduisons ridée du verset 5 : il brisera les rois. Chefs, têtes, correspond évidemment dans le verset 6 à l'expression Rois du verset 5. C'est l'opinion de Bellarmin : Conter et omnes superbos qui nunc erecto capite adversus Deum incedunt ; ou comme dit un autre commentateur : Conteret Diabolum una cum compUcibus universis ; car, selon saint Jean , le chef des ennemis du Christ est l'ancien serpent, Satan, qui séduit le monde entier. L'auteur de l'Apocalypse l'a vu précipité et gisant sur la terre , et les anges de ténèbres avec lui (2). C'est l'accomplissement de cette parole du Sauveur : Quiconque se heurtera à cette pierre (Jésus- Christ, son vicaire et son Église), sera brisé; elle écrasera de son poids ceux sur qui elle retombera (3).

7. « Il boira à l'eau du torrent, et c'est pourquoi il portera haut la tète. »

Ce verset a fait à tort, selon nous, le tourment des commentateurs : il s'explique facilement. Dans les pays chauds

(1) Isa., Lxvi, 24.

(2) Apoc, XII, 9.

(3) Matlh., XXI, 44.

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