CHAPITRE VI
nation juive de la Méditerranée aux montagnes d'Abarim .
Pendant que ces glorieux exploits retenaient le conquérant au midi de la Palestine, une invasion syrienne menaçait les frontières septentrionales. Hadarézer, roi de Soba, petite cité de l'Anti- Liban , avait rêvé un empire qui s'étendrait jusque sur l'Euphrate et comprendrait tout le cours du Jourdain. David marche à ce dangereux ennemi, le défait, lui prend mille chariots, sept cents cavaliers et vingt mille hommes de pied.
Une nouvelle armée sortie de Damas veut venger la défaite d'Hadarézer : elle est anéantie. Vingt mille Syriens sont faits prisonniers. Damas subit le joug du roi d'Israël ; toute la Syrie devient tributaire. David laisse partout des garnisons. Le roi d'Émath, menacé par les orgueilleuses prétentions d'Hadarézer, apprenant sa défaite, envoie son fils féliciter le vainqueur et lui offrir de riches présents. David les consacra à Jéhovah, ainsi que les opulentes dépouilles qu'il venait d'enlever à Tébath et à Bérothaï, villes d'Hadarézer.
Pendant ce temps, les Iduméens, voyant David éloigné du centre de ses États, avaient cru le moment favorable pour envahir la Palestine et s'emparer de Jérusalem. David hâte son retour ; il descend à marches forcées sur ces nouveaux ennemis, qu'il rencontre dans la vallée des Salines, au sud de la mer Morte. Dix-huit mille hommes tombent sous ses coups (1) et Édom devient sujet d'Israël.
Estimant qu'une paix assurée succéderait à tant d'exploits, David regagna sa capitale, laissant Joab dans l'Idumée, avec le soin d'y ensevelir les morts. Le général outrepassa les ordres de son maître; il tua tous les hommes
(1) Ps., Lix, lilul. — II Ueg., VIII. — I Parai., xviii.
et tous les enfants mâles de la contrée. Seul, Hadad, fils du roi, échappa et s'enfuit avec quelques officiers à la cour du roi de Tanis, qui le prit en affection et le fit élever avec les princes. Sous Salomon, il regagna le pays de ses pères et tenta un soulèvement dont nous ignorons les suites (1).
La paix que le vainqueur s'était promise ne fut pas de longue durée. Les hostilités reprirent bientôt avec les Ammonites ; voici à quelle occasion : Nahas, leur roi, étant mort, David, auquel il avait rendu des services, envoya une députation offrir ses condoléances à Hamon, son fils, et l'assurer de sa bienveillance. Le jeune roi vit des espions dans les officiers de David; il leur coupa la moitié de la barbe et les renvoya. Les Ammonites sentirent bien que David vengerait l'honneur de ses députés. Ils cherchèrent un appui chez les peuples voisins : les Syriens de Soba et de Rohob, les troupes du roi d'Istob et celles du roi deMaacha répondirent à l'appel. Joab, à la tête de l'armée d'Israël, marcha contre eux. La rencontre eut lieu sous les murs de Rabbath-Ammon. Dès le premier choc, Joab disperse les Syriens, tandis que les Ammonites, pliant devant Abisaï, son frère, rentrent en tumulte dans leur capitale.
Aussitôt Hadarézer, jaloux de venger sa précédente défaite, essaye une diversion en leur faveur. Il lève une armée formidable. Sobak, son général, la commande. David en personne s'avance avec ses troupes, franchit le Jourdain, et engage la bataille à Héla. Le choc fut terrible, mais la victoire fut décisive. Les Syriens perdirent sept cents chars et quarante mille cavaliers, tant morts que prisonniers de guerre. Sobak lui-même avait péri
(l) lIIReg.,xi, 15etseq.