‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 34 sur 291 · UNE FAUTE · texte numérisé non relu

UNE FAUTE

C'est à cette époque, et pendant le siège de Rabbatb-Ammon, que David commit la plus grande faute de sa vie.

David estimait la valeur guerrière de son général Joab ; il lui confiait volontiers un grand commandement. Mais tout porte à croire que l'habile capitaine ne fut jamais un compagnon agréable au roi, qui souffrait en maintes occasions de son caractère altier et de ses habitudes violentes et sanguinaires. Des commentateurs pensent que David se conforma avec plaisir aux justes raisons qui demandaient sa présence à Jérusalem pendant qu'Israël combattait. Il fallait qu'il organisât ses conquêtes, et qu'il s'occupât assidûment , pendant quelque temps , de l'administration de son royaume agrandi. L'activité de la paix repose de l'activité de la guerre. Toutefois, ce repos relatif et l'enivrement de triomphes récents ont été souvent l'occasion, sinon la cause, de la chute des» conquérants et des rois. David en est un exemple. Au milieu des flatteries de ses courtisans, ses repas devenus moins simples, ses sommeils plus prolongés avaient nui aux exercices de sa piété et rendu sans doute son âme moins vigilante.

Un jour, après peut-être un de ces festins funestes à Alexandre, après le sommeil auquel les Orientaux con-

sacrent les heures les plus chaudes du jour, David se promenait sur les terrasses de son palais. Alors il vit une femme qui se baignait sous ses yeux. Était-ce à la fontaine de son jardin ou ailleurs, la sainte Écriture, si chaste dans ses récits, et indiquant, par la sobriété de ses paroles, le danger des tableaux dont la littérature moderne flatte tous les détails, n'en dit rien. Or cette femme était fort belle. Le roi envoya savoir qui elle était. C'est Bethsabée, lui répondit-on, fille d'Eliam, femme d'Urie l'Hétéen. David la manda, l'introduisit et pécha avec elle. Bientôt elle envoya dire à David : J'ai conçu.

La sainte Écriture , qui dans sa sincérité absolue , raconte la faute telle qu'elle fut commise, n'a point omis les circonstances aggravantes. Achitophel, aïeul de Bethsabée, était le plus habile des conseillers de David; Eliam, son père, et Urie, son époux, étaient au service du prince. Et c'est pendant qu'ils se dévouent pour lui qu'il les outrage. Il s'abaisse aux moyens de tromper le mari jusqu'au bout. Il mande à Joab d'envoyer Urie l'Hétéen. Et quand il fut venu, David feignit de vouloir être informé par lui de Joab, de toute l'armée et de ce qui se passait à la guerre.

On sait qu'Urie refusa de rentrer chez lui. Il passa deux nuits devant la porte du palais, avec les autres officiers, sans même voir sa femme et sa maison. A David qui s'étonne, le brave soldat répond : « L'arche de Dieu, Israël et Juda demeurent sous des tentes, et Joab mon général et vos autres serviteurs couchent sur la terre nue; et moi cependant, j'irais boire et manger dans ma maison et dormir avec mon épouse : je jure par la vie de mon roi que je ne le ferai pas. »

David prend le temps pour complice. « Demeurez ici encore aujourd'hui, dit-il à Urie, et je vous renverrai

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