‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 42 sur 291 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

douze mille hommes choisis : cette nuit même, j'attaquerai David au milieu de ses gens; je me jetterai sur lui : il est fatigué; la résistance est impossible, tout le monde fuira. Je m'emparerai du roi abandonné et désespéré. Ce coup suffira pour que tous, comme un seul homme, viennent à vous. »

On informait en outre David qu'Absalom avait mandé Chusaï et lui avait fait part de l'avis d'Achitophel, et que Chusaï avait opiné de la manière suivante : « Cette fois, Achitophel vous a donné un mauvais conseil. Vous n'ignorez pas quel homme est votre père, et que les gens qui sont avec lui s'inspireront de leur courage et de leur désespoir. Ils sont en ce moment comme l'ourse de la forêt, furieuse de ce qu'on lui a ravi ses petits. Votre père sait la guerre. Ne croyez pas qu'il soit demeuré inerte avec ses gens, en rase campagne. En ce moment peutêtre, il est en sûreté dans une caverne ou dans quelque retraite bien choisie. Au moindre échec de vos soldats, on va publier que tous vos gens sont battus. Une panique va s'emparer de vos hommes encore peu résolus à cette heure. Le peuple connaît la vaillance de David. Point de poursuite téméraire. Assemblez dans quelques jours tout Israël. Placez- vous au milieu de vos innombrables sujets, comme un rocher au sein des flots sans nombre. Alors, d'un commun élan, nous nous jetterons tous sur David ; nous l'envelopperons comme la rosée enveloppe la terre, et de tous ces gens-là, il n'en restera pas un seul. S'ils nous échappent et se retirent dans quelque viUe , tout Israël montera aux échelles de corde. Ce sera un torrent qui entraînera la ville, comme les eaux furieuses entraînent un rocher en ruine et le brisent sans qu'il en reste rien. »

Voilà ce qu'on apprenait à David : il n'y avait pour lui

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aucun moment à perdre. A la pointe du jour, on avait atteint l'autre rive du Jourdain. Il y goûta, au milieu d'une sécurité relative, un repos dont son armée et lui avaient le plus grand besoin (1).

Le parti d'Absalom avait, sur les conseils de Ghusaï, abandonné la poursuite immédiate des fugitifs, que voulait AchitopheL Ce dernier, au désespoir de ce qu'on n'avait pas suivi ses avis et prévoyant toutes les conséquences du répit qu'on avait ainsi accordé au vieux roi, était sorti consterné du palais. Il fit seller sa monture, reprit le chemin de Gilo, sa patrie, rentra dans sa demeure, fit ses dernières dispositions, et, comme le traitre Judas devait faire plus tard, il se pendit. Les chefs du parti de David avaient eu le temps d'organiser la troupe confuse du premier soir. Ils avaient créé une résistance : la cohue était devenue une armée. La ville forte de Mahanaïm, désignée dans la Vulgate sous le nom de Castra, devint le quartier général de David exilé : elle avait été le séjour de la maison de Saûl (2).

Les grands chefs de cette contrée sont spécialement mentionnés comme dévoués à David. L'un était d'un grand âge , et n'a pas encore été nommé : c'est Berzellaï le Galaadite. Les deux autres, qui lui étaient particulièrement attachés, sont Sobi fils de Naas, ancien ami de David , et Machir fils d'Ammiel , le principal protecteur du fils de Jonathas (3).

Les troupes furent distribuées sous les ordres des trois grands officiers demeurés fidèles au roi : Joab, général en chef de l'armée, Abisaï, le premier des braves, et le vaillant Et haï, dont nous avons parlé, qui s'était mis à

(l)IIReg., XVII.

(î) II Reg., XVII, 24. — Gen., xxxii, 2.

(3) II Reg., xvil, 27; IX, 4.

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