‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 43 sur 291 · CHAPITRE Vin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vin

la suite de David avec six cents de ses généreux compatriotes (1).

Le général des forces d'Absalom était Amasa, parent ingrat de David (2).

L'état de surexcitation des fidèles compagnons du roi, réduits aux dernières extrémités de la fortune, était bien ce qu'avait dit Chusaï : « Leur cœur est altéré de carnage, comme celui d'une ourse furieuse de ce qu'on lui a ravi ses petits. »

Quant au roi , il n'était plus comme autrefois debout au milieu de son peuple : il se dérobait aux assassins, et même, sur les conseils des siens, aux dangers des combats. Sa tristesse le rendait muet. On se demandait en le voyant si c'était bien là l'ardent capitaine d'autrefois soufflant partout le feu de la bataille (3).

La lutte décisive fut livrée dans la forêt d'Éphraïm, et, comme on le sait, elle se termina par la mort d'Absalom , harassé de fatigue et arrêté dans sa fuite par un épais fourré, où sa chevelure se trouva prise aux branches épineuses d'un térébinthe. Joab, averti du cas, accourut et lui perça le cœur de trois flèches , Joab à qui le roi venait de dire devant tout le peuple : « Conservez-moi mon fils Absalom (4). »

Le récit biblique relate de minutieux détails empruntés aux mémoires ou aux bulletins de la bataille. On dirait que la Bible a reproduit chaque nouvelle au mement de sa réception.

David attendait aux portes de Mahanaïm l'issue du combat. Deux messagers, chacun s'efforçant de gagner

(1) II Reg., XVIII, 2; xv, 18.

(2) H Reg., XVII, 25.

(3) II Keg., XVII, 8-9.

(4) II Reg., xviii, 5.

l'autre de vitesse , accoururent hors d'haleine venant du camp.

Le premier qui arriva fut Achimaas fils de Zadoc, déjà employé comme messager au premier jour de la fuite du roi. Il avait été averti par Joab qu'il n'était pas sur de se faire le porteur de nouvelles aussi tristes pour un père que celle de la mort d'Absalom. Il ne parla à David que de la victoire remportée , taisant ce qu'il savait d'Absalom et donnant pour cause de l'absence de nouvelles plus circonstanciées la grande confusion dans laquelle il avait laissé l'armée. A ce moment, l'autre courrier, un étranger, peut-être un Éthiopien, accourait et apprenait à David que son fils avait péri dans le combat (1).

Une explosion de douleur et de colère accueillit cette communication ; et nous avons là un témoignage de plus de la tendresse miséricordieuse du cœur de David. Baigné de larmes, il monta dans une échauguette disposée audessus des portes de la ville , et il s'y livra solitaire à son immense chagrin. On l'entendait répéter d'une voix déchirante : « Absalom, mon fils! Trop cher et trop cruel enfant ! Que ne puis-je en ce moment racheter ta vie au prix de la mienne! Rendez-moi Absalom! Rendez-moi mon fils! »

L'armée victorieuse apprit bientôt la douleur inconsolable du roi. Les chants de triomphe se changèrent en une morne consternation. En revenant à Mahanaïm , les soldats se disaient : « Il pleure son fils ! » Et, pour ne pas troubler la douleur de leur roi par le bruit de leurs voix, ils n'osaient rentrer dans la place. On eût dit qu'ils venaient d'essuyer une défaite.

Le malheureux père, en signe de deuil, s'était voilé la

(1) II Reg., XVIII, 19-32.

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