‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 49 sur 291 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

serment que lui et Jonatlias, fils de Satil, s'étaient juré devant Jéhovah. Et le roi prit les deux fils de Rispali, fille d'Aliiah, qu'elle avait eus de Saûl, Armoni et un autre Miphiboseth , ainsi que les cinq fils de Mérob, fille de Satil, qu'elle avait eus d'Hadriel ; il les livra aux mains des Gabaonites qui les suspendirent devant Jéhovah, sur la montagne, et ils moururent tous les sept.

Un exemple touchant d'amour maternel mérite ici d'être cité. Si les sentiments profonds de la nature humaine n'étaient, par le fait de la bonté de Dieu, indestructibles dans leurs principes et leurs manifestations, on s'étonnerait de les voir si vifs dans ces temps relativement barbares. La sainte Écriture le raconte ainsi :

« Or les fils de Satil furent mis à mort aux premiers jours où l'on commençait la moisson des orges. Et Rispah, la mère de deux des victimes, prit une natte, et elle retendit sur le rocher, et elle demeura assise au pied des croix depuis le commencement de la moisson jusqu'à l'époque des pluies. Et elle éloignait d'eux les oiseaux du ciel pendant le jour, et les bêtes sauvages pendant la nuit.

« Et on apprit à David ce qu'avait fait Rispah, fille d'Ahiah. Et il vint sur la montagne, et il prit les os des crucifiés, et il les enterra avec les os de Satil et de Jonatlias son fils, à Sélah, de la tribu de Benjamin, dans le tombeau de Gis, père de Satil. Et Dieu cessa d'être inexorable pour le pays (1). »

Gette mère assise au pied des croix de ses enfants pour protéger pendant le jour et pendant la nuit leurs déplorables restes, exposant sa vie aux atteintes des bêtes sauvages, constitue un fait d'amour maternel que nous

(1) llUeg.,xxi.

nous étonnons de n'avoir jamais vu cité dans les recueils des actes mémorables donnés comme des exemples et des leçons.

Les trois années de famine auxquelles correspond cet épisode étaient une suite des expiations et des châtiments annoncés par Nathan. Il entrait dans la volonté de Dieu d'en ajouter d'autres, d'autant plus que David en posait de nouvelles causes. Des pensées d'orgueil, d'ambition peut-être, étaient montées à son cœur. Il avait commandé le dénombrement de ses sujets , et constaté qu'il pouvait mettre huit cent mille hommes sous les armes (1).

L'Europe d'aujourd'hui , en appelant presque tous les hommes sous les armes, nous montre comment un contingent si considérable de soldats était possible, lorsque nulle exemption, pas même celle de l'âge, n'était admise, et que les étrangers tributaires étaient enrôlés.

David, tenté par la prospérité, allait s'abandonner à une présomption et à un orgueil absolument opposés à l'esprit de soumission aux directions divines. La nation était inquiète ; la répugnance de Joab pour cette mesure impopulaire fut telle, qu'il refusa tout à fait de dénombrer la tribu de Lévi et de Benjamin. Le roi fut averti par là que l'opinion ne le suivait pas. Il recula et chercha à amoindrir la faute en renonçant à compter parmi ses soldats les adolescents, les jeunes hommes au-dessous de vingt ans (2). David n'alla pas jusqu'au bout de l'opération : le résultat final ne fut jamais inscrit dans les Chroniques du roi David (3).

Ce représentant de l'humanité, qui avait montré jus- Ci) ii Reg., XXIV,

(2) I Parai., xxi, 6. C'était soti intention de compter les adolescents; or Dieu l'avait défendu (Ex., xxx, 14).

(3) I Parai., XXVII, 23, 24.

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