CHAPITRE X
qu'où les passions du cœur et des sens peuvent entraîner les fils d'Adam, allait peut-être maintenant, si Dieu ne fût intervenu , déchaîner en lui les fureurs de l'ambition et, à leur suite, les malheurs qu'un roi appelle sur son peuple quand il s'abandonne à la passion de la guerre et des conquêtes.
Avec ses talents militaires, avec une armée de plusieurs centaines de mille hommes fortement organisée, David pouvait devenir un conquérant fameux. Le char d'Israël allait verser dans la politique de la Gentilité. Le peuple de Dieu aurait par ses convoitises ressemblé à l'Egypte et à l'Assyrie.
Mais le Dieu qui devait naître dans une étable et triompher du monde par l'humilité ne le voulut pas. A son peuple privilégié étaient réservées des destinées correspondant à l'humble vie du Christ. Le prophète Gad vint trouver David et lui annonça la colère du ciel. Il eut le choix entre trois châtiments : il choisit la peste, parce que, disait-il, il préférait tomber entre les mains de Dieu qu'entre les mains des hommes.
La peste lui ravit soixante-dix mille sujets. David fît pénitence dans le sac et la cendre, et conjura le Seigneur, puisqu'il devait punir les coupables, d'épargner les innocents. David vit ainsi décimer le peuple qui faisait son orgueil, et le peuple à son tour expia cruellement à cette heure son insubordination et ses révoltes passées (1).
(1) IT Reg., XXIV.