‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 53 sur 291 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Des officiers allèrent porter cette réponse à ce prince tour à tour téméraire et craintif. Adonias courut se prosterner au pied du trône de son frère qui l'accueillit avec bonté et lui dit : « Allez en paix dans votre demeure. »

Cependant les forces physiques abandonnaient peu à peu David. Il rassembla tous les princes d'Israël, les chefs des tribus, les généraux de ses troupes, et tous les officiers du domaine de la couronne. Salomon était aux côtés du vieux roi, assis sur son trône. Lorsque tous furent réunis, David se leva et, d'une voix que la volonté rendait encore ferme, il parla ainsi :

« Mes frères et vous, mon peuple , écoutez-moi. J'avais songé à élever un temple où j'aurais déposé l'arche de Jéhovah; c'eût été le marchepied de notre Dieu. J'avais tout préparé pour la construction de cet édifice. Mais Jéhovah m'a dit : Ce n'est pas toi que j'ai choisi pour élever mon sanctuaire : tes mains ont répandu trop de sang. Mais le Dieu qui t'a choisi parmi tout Israël pour te faire roi, a choisi, parmi tous les enfants qu'il t'a donnés, un d'entre eux, Salomon : c'est lui qui aura la gloire d'élever mon temple et d'en poser les parvis. Je serai pour lui un père ; il sera pour moi un fils. S'il continue à observer mes lois, j'affermirai son trône et lui donnerai une durée éternelle. Maintenant donc, peuple d'Israël, je vous en conjure, n'oubliez point les dernières recommandations de votre roi ; gardez les commandements du Seigneur, afin de posséder en paix la terre de ses promesses et de la transmettre à vos enfants jusqu'à la fin des siècles. Vous surtout, mon fils Salomon, respectez le Dieu de votre père ; servez, dans la sincérité et la pureté de votre cœur, celui aux yeux duquel rien n'est caché. Si vous aviez le malheur de l'abandonner, il vous rejetterait sans retour. Il vous a choisi pour construire son

sanctuaire : courage; montrez-vous digne de cet honneur (1). »

En disant ces paroles, David remit à Salomon le plan du temple, que lui-même avait dressé, et l'organisation des lévites et des prêtres. Il exposa aux yeux de tous les immenses richesses réservées depuis longtemps à la construction du sanctuaire, et il dit : « Que si pourtant les enfants d'Israël veulent ajouter à ces richesses, qu'ils suivent l'impulsion de leur cœur. »

Aussitôt tous les princes se firent inscrire pour les sommes qu'ils destinaient au service du Seigneur. Leur joyeux empressement et leur générosité émurent profondément David. « Seigneur, Dieu d'Israël, s'écria-t-il , soyez béni à jamais; à vous grandeur, puissance et victoire ; à votre nom auguste hommages et louanges. Mais qui suis-je, et qu'est mon peuple d'Israël pour oser vous offrir ces présents? Nous ne faisons que vous rendre ce que nous tenons de vous. Nous sommes des pèlerins et des étrangers sur cette terre, comme le furent nos aïeux ; nos jours s'écoulent comme l'ombre et nous ne durons qu'un moment. Dieu d'Abraham, conservez au cœur de votre peuple ces nobles et généreux sentiments, et qu'il reste fidèle à votre amour. Donnez à mon fils Salomon un cœur parfait; qu'il observe toujours vos lois et qu'il ait la gloire d'élever le temple préparé par mes soins (2). »

Après avoir ainsi parlé, l'auguste vieillard rentra dans ses appartements, d'où il ne devait plus sortir. Quand il fut seul avec Salomon, il lui dit : « Mon fils, voici que je vais entrer dans la voie de la mort, réservée à toute créature; ayez du cœur, soyez homme. N'oubliez point

(1)1 Parai, xxviii.

(2) I Parai., xxix.

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