‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 57 sur 291 · PRÉPARATION HISTORIQUE DU RÈGNE DE DAVID · texte numérisé non relu

PRÉPARATION HISTORIQUE DU RÈGNE DE DAVID

Il nous faudrait remonter bien haut si nous voulions ici exposer et décrire les préparations providentielles du règne de David. Il conviendrait de montrer dans la loi de Moïse les premiers linéaments de la constitution d'une royauté éventuelle. « Quand, dit Moïse, vous serez entrés dans le pays que le Seigneur votre Dieu vous doit donner, que vous en serez en possession , et que vous y demeurerez, quand Israël dira : Je veux constituer un roi qui me commande , comme ceux de toutes les nations qui m'environnent, vous établirez celui que le Seigneur votre Dieu aura choisi entre vos frères (1), » etc. Il faudrait signaler dans la législation mosaïque ce monument, cet édifice de la sagesse divine, les desiderata ou plutôt les omissions providentielles, les pierres d'attente qui pouvaient, au regard attentif, marquer la place d'une

(1) Deuter., xmi, 14 et 15.

royauté future. Il faudrait moutrcr combien dans la suite des événements, depuis Josué surtout, les progrès et les reculs, les victoires et les échecs, les troubles intermittents d'abord, la confusion ensuite, mettaient à jour et signalaient d'imperfections dans un régime qui inclinait visiblement, sans contrepoids suffisant, vers une démocratie impuissante.

Toutes les prophéties messianiques antérieures au règne de David annonçaient d'ailleurs l'avènement de la royauté.

Il y a dans l'économie prophétique et messianique un enchaînement merveilleux : tout s'y tient, tout s'y prépare , et tout enfin s'y déclare.

Nous renfermant dans la phase messianique qui fait l'objet de la seconde partie de ce livre, à savoir, la royauté prophétique , nous dirons : C'est dans le sentiment du mécontentement populaire, déterminé par le désordre et la faiblesse du principal des juges, qu'apparaît nettement la raison de l'évolution dont le terme devait être la royauté de David.

La Providence avait permis que le mode de l'élection de Sa (il, désigné par le sort, perdit de sa popularité par ses résultats médiocres. Dieu ne s'est pas engagé à corriger incessamment par le miracle le jeu de la liberté humaine et les imperfections qui naissent de la nature des choses. Dieu, en élisant David d'abord, et ensuite toute sa descendance, pour régner sur Israël, substitua l'hérédité à l'élection. Dans l'ordre naturel, et Dieu, qui le suspend quelquefois, ne l'a jamais détruit, un roi, un général, un chef quelconque ne s'improvisent pas» Le premier venu n'est pas propre à des fonctions et des charges; il faut d'ailleurs la préparation, une éducation spéciale et comme une atmosphère d'expérience, au mi-

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