CHAPITRE II
DE l'importance POLITIQUE DU RÈGNE DE DAVID. CRÉATION d'une CAPITALE. RESTAURATION DU CULTE.
Le lecteur s'étonnera peut-être que, nous plaçant comme nous le faisons sur le terrain religieux et messianique, nous exposions, dans les chapitres qui vont suivre, l'importance politique du règne de David et que nous racontions ce que cet homme de génie a pu restaurer, développer, créer comme chef d'État, comme administrateur, comme militaire, comme restaurateur du culte, etc.. Mais nous devons insister sur ce point, à savoir, que la gloire humaine du règne du fils d'Isaï devait servir dans des proportions considérables au succès de sa vocation de représentant et de type figuratif du Christ Jésus. Si David n'avait pas été un aussi grand roi au milieu des autres rois de la Palestine , il n'eût point donné une idée suffisante de l'importance future du règne du Messie. David devait être pour la Palestine et pour la Syrie, et plus tard dans l'Église, la figure prophétique de ce que Jésus-Christ devait être pour le monde entier, le grand fondateur, le restaurateur de toute chose morale et sociale : Omnia instaurare in Christo, disait l'apôtre saint Paul, quand il voulait exprimer ses saintes ambitions.
Bien que le christianisme ait pour but les destinées
spirituelles et éternelles de riiumanité, on sait combien l'histoire politique des nations a été puissamment influencée par l'Évangile. On ne peut, malgré la distinction des deux puissances^ l'une temporelle et l'autre spirituelle, les séparer, quand il s'agit de comprendre les destinées des nations.
Tout était à reprendre , à relever dans Israël , sans parler de ce qui était à créer. David eut à s 'occuper de la création d'une capitale, de l'organisation d'une armée, du règlement des finances, de l'administration de la justice , enfin d'une cour où les ressorts de la puissance royale demeureraient concentrés autour de la personne du monarque.
L'antique législation de Moïse devait se prêter à de nouvelles applications et à des interprétations fondées sur des besoins nouveaux.
Nous avons déjà dit dans les Prophéties messianiques des livres de Samuel qu'après sa victoire définitive sur Saûl et sa famille, « David ramenait avec lui non seulement ses partisans^ mais surtout la loi mosaïque, la piété, la fidélité à Dieu, l'honneur de son culte (1) ». Il voulait donner à Israël une haute idée des destinées qui l'attendaient; il tenait à ce que les peuples voisins les comprissent et s'y résignassent. Le royaume d'Israël était le royaume de Jéhovah : à ce titre , il convenait qu'il jetât quelque éclat pour en avertir tout au moins les peuples voisins , et aider plus tard les autres nations à le reconnaître et à le comprendre.
(1) Prophéties messianiques contenues dans les deux premiers livres des Rois. (Proph. de Nathan, p. 105-106-10").