‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 61 sur 291 · I. — Création d'une capitale · texte numérisé non relu

I. — Création d'une capitale

David venait de s'asseoir sur le trône auquel il était prédestiné. Les douze tribus reconnaissaient son pouvoir. 11 avait conclu avec son peuple une solennelle alliance (1). Une seule place forte avait jusqu'alors tenu en échec les armes d'Israël : c'était Jébus.

Les Jébuséens , peuplade chananéenne , branche de la famille des Amorrhéens, occupaient, comme nous l'avons dit (2) , au moment de la prise de possession de la Palestine par Josué, la partie sud du pays de Chanaan, et particulièrement la forteresse à laquelle ils donnèrent leur propre nom, Jébus. C'était un peuple de guerriers que Josué vainquit deux fois sans pouvoir s'emparer de leur ville forte. La ville basse fut prise et brûlée par les tribus de Juda et de Siméon, mais la forteresse avait tenu ferme. La prise de ce rempart de l'infidélité assurait la paisible possession de la Palestine méridionale et centrale , et ce fut sur la montagne que couronnait cette forteresse que David voulut asseoir sa capitale, aux confins des deux tribus de Juda et de Benjamin.

Jébus s'appela désormais Jérusalem ou Sion. On sait combien fut justifié par la durée et la gloire le choix que David fit de cette ville entre toutes celles d'Israël.

Il y fixa sans retard sa résidence. Aidé du conbours et des conseils de Joab, il en augmenta les fortifications. Hiram, roi de Tyr, avec lequel il conclut une alHance, lui offrit les bois de ses forêts de cèdres, pour l'édification de la nouvelle capitale et particulièrement du palais royal ; et,

(1) II Reg.,v,3.

(2) l^e partie, chapitre v.

94 liMPORTANCE DU RÈGNE DE DAVID.

à partir de ce moment, Jériisalein fut pour toujours appelée la cité de David (1).

Son importance en étendue et en population auiimenta rapidement ; mais il serait difficile de dire ce qui dans son extension, son embellisse aient et ses défenses appartient particulièrement à David. Nous savons cependant qu'il construisit le palais dit palais de David ^ et qu'il restaura l'antique forteresse de Sion, appelée Mello, pour en faire le noyau d'importantes constructions et d'accroissements successifs (2). C'est à Mello et autour de Mello, au noiilieu de ces ouvrages ainsi restaurés et agrandis, qu'il établit son palais. Il choisit pour demeure la partie la mieux protégée par la nature et par l'art (3). Le château fort présentait l'aspect de ces édifices en blocs de grande dimension que nous offre l'architecture orientale. Nous pouvons nous en faire une idée par les restes connus , à Jérusalem , sous le nom de tour de David (4). C'est une sorte d'imposant donjon quadrangulaire destiné à couvrir la place contre les efforts des assaillants et qui, au besoin, pouvait servir d'arsenal. L'historien Josèphe l'a vu dans son entier et nous en a transmis le tableau fidèle (5) . Les archéologues contemporains s'accordent à y reconnaître un travail offrant tous les caractères de l'époque de David. M. deSaulcy, l'un des plus autorisés , en donne la description suivante : « La tour est à peu près carrée et d'environ vingt mètres de côté ; toute la base en est massive et ne recèle aucun réduit dans lequel il soit possible de péné-

(l) II Rcg.,v,9.

(•2) I Paralip., xi, 4-8. — II Reg., y, 9, 10.

(3) II Reg., v, 9. — Cantic, iv, 4. Mello était la partie orientale du mont Sion, qui surplombait le gouffre du Tyropœon ou vallée des Fromagers.

(4) Cette tour, située au nord-ouest du mont Sion, est la tour Phasaël, et non la tour Hippicus, qui a été construite par Hérode. C'est improprement qu'on appelle cette dernière « tour de David ».

(5) Bell. JiuL, IV, 3. — Antiq- Jud., vu, 3.

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