‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 86 sur 291 · CHAPITRE IV. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. i

Cependant David tint à honneur de rester lui-même le grand justicier du royaume. Il voulut que les procès fussent portés à son tribunal , et il les jugeait en souverain absolu (1). Sous son autorité, douze princes, préposés à chacune des tribus , veillaient au maintien des lois et à la répression des crimes (2). Six mille lévites, répartis sur toute la surface du royaume, avaient aussi le titre de juges (3). De plus , chaque ville et chaque bourgade continuaient à trouver, dans le conseil des anciens, un tribunal permanent qui rendait, aux portes de la cité, ces jugements si célèbres en Orient.

A la tête des scribes était le chancelier, Mazchir^ i^d-jd, celui qui fait souvenir. Nous l'appellerions grand chance- Her, archiviste, historiographe : les Perses le nommaient les yeux et les oreilles du roi (4). Son emploi était de rédiger et conserver les mémoires d'État, de tenir le journal du roi, Verha dierum. Sous David, Josaphat, fils d'Ahihul, occupait cette charge, qu'il conserva sous Salomon (5).

Au Mazchir est ordinairement associé , dans l'Ecriture, le scribe, Sopher^ c'est-à-dire le secrétaire d'État (6). Il était chargé de l'ordre et de l'expédition des affaires ; il dressait les ordonnances , les édits , les lettres patentes du roi, et tenait les registres de ses troupes, de ses villes et de ses dépenses. Chez lui s'assemblaient ordinairement les principaux officiers de la justice et de la police (7). Sous David, Sérahia remplissait cette charge. C'est à lui

(1)11 Reg., VIII, 15; XIV.

(2) I Parai., xxvii, 16-22.

(3) I Parai., xxiii, 4.

(4) Cyropcdic, 1. VIII.

(5) H Reg., VIII, 16; III Reg.,iv, 3.

(6) II Reg., VIII, 16 ; XX, 24; IIl Reg., iv,-3 ; IV Reg. , xviii, 18, 37. — II Parai. XXIV, 8.— Isa., XXXVI, 3, 22.

(7) Jerein., xxxvi, 12. — Isa., xxiii, 18.

sans doute que nous devons les listes des officiers du roi, des Gibborim, et les récits de leurs prouesses (1), comme aussi , sur les expéditions de David , certaines notes très courtes (2), qui furent développées dans le Verba dierum par le chancelier ou quelque autre ministre; mais ces livres ne nous sont malheureusement point parvenus (3),

Une des premières dignités de la cour était celle d'intendant ou maitre de la maison du roi, Secundus a rege, Préepositus domûs{k). C'était celui qu'on appela à Constantinople : Praspositus magnipalatii, et chez les rois de France , Major domûs. Les marques extérieures de cette dig-nité semblent avoir été, chez les Hébreux, une clef qu'ils portaient sur l'épaule , une ceinture et un habit de riches étoffes (5). Il s'asseyait immédiatement au-dessous du prince (6). Il exerçait sur tout le royaume et sur les officiers du roi une autorité peu différente de celle du roi lui-même. Jonathas, s'il eût vécu, aurait rempli cette charge. On pense que David la confia au prophète Nathan, qui la laissa lui-même à son fils Azarias (7).

Nous plaçons à la suite le ministre ou surintendant des finances du roi. Les biens royaux étaient relativement considérables. Outre le trésor proprement dit, qui était gardé à Jérusalem, David possédait divers dépôts partiels de sommes importantes dans les villes , dans les tours ou forteresses où avaient été établies les recettes des impôts et des revenus royaux provenant des domaines distants deJé-

(1) II Reg., XXI, xxiii.

(2) II Reg., V, VIII.

(3) III Reg., XI, 41. —Il Par., IX, 29.

(4) I Reg., xxiii, 17; IV Reg., xvni, 18. — II Parai., xxviii, 7.

(5) Isa., XXII, 21 et 22.

(6) Joseph. Antiq. Jvd., xi, 4.

(7) III Reg., IV, 5 et 6.

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