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CHAPITRE IV

riisalem. Ces domaines devaient être d'un grand rapport (1). Ils consistaient en champs de blé, en vignes, en plantations d'oliviers, de sycomores, cultivés dans la plaine fertile de Chépéla, entre les montagnes de Juda et la Méditerranée. Des intendants royaux étaient préposés au soin de la culture des champs, des vignes, des bois, et veillaient sur les celliers royaux et les magasins d'huile.

Entre Césarée de Palestine et Joppé, dans les parages de Saron, étaient répandus de grands troupeaux de bœufs qui paissaient dans les vallées, sous l'intendance d'un Saronite. Les pâturages des déserts voisins, à l'est du Jourdain, n'appartenaient en propre à personne : le roi y faisait élever une autre partie de ses troupeaux. Nous savons qu'un Ismaélite y prenait soin des chameaux, et un Hagaréen des brebis (2).

Aux biens-fonds s'ajoutaient donc des troupeaux de chameaux, d'ânes et de brebis, richesses mobilières ordinaires des princes nomades , dont la garde et le soin demandaient de nombreux employés.

David avait aussi des trésors d'or et d'argent provenant du butin de la nouvelle monarchie. Ce n'était plus le patriarche nomade, mais le roi élevant des tours pour garder ses richesses.

Les livres des Paralipomènes comptent douze percepteurs généraux des impôts, iVîôa^m. Par leurs fonctions mêmes, c'étaient de grands personnages du royaume, des parents de David (3), d'anciens compagnons de guerre. Le territoire attribué aux douze Nibazim ne

(1) IIReg., XIII, 23. David possédait aussi en jncpre la ville de Siceleg (I Reg., XX VII, 6).

(2) I Parai., xxvii, 29-31.

(3) III Reg., IV, 7; où nous voyons dans la liste des percepteurs deux gendres de Salomon.

correspondait pas exactement à la division par tribus.

n avait voulu répartir les charges avec plus d'équité , en tenant compte de la plus ou moins grande fertilité de chaque pays. On percevait les taxes en nature (t), comme cela a lieu encore aujourd'hui généralement en Orient (2). La levée en est par là même plus lente, plus difficile, et souvent plus odieuse (3). Aussi l'emploi de percepteur ne manquait point de dangers, et nous voyons l'un d'eux tomber un jour victime de la colère populaire (4).

David possédait en propre un riche trésor. C'est dans la forteresse de Mello qu'il le faisait garder. Achias en était responsable. Sélémith avait la charge expresse de veiller sur les richesses d'or, d'argent et de pierres précieuses, conquises par les victoires ou acquises par des échanges, et spécialement destinées à l'ornement du tempie (5).

Quant au trésor public, la surveillance en avait été remise à Azmoth, fils d'Adiel, et à Jonathan, fils d'Ozias. Jonathan avait la haute direction sur les trésors renfermés dans les villes , les bourgs et les citadelles du royaume , de la même manière qu' Azmoth était chargé du soin des trésors personnels de David dans le palais du roi (6).

Ajoutons à ces charges élevées celles qui se rapportaient aux autres éléments de la fortune de la nation et de la maison royale.

Élevé dans les travaux des champs, habitué par les excursions guerrières à voir de près les besoins et les ressour-

(1) llIReg., V, 2.

(2) Rosenmiiller, Alte und neue Morgenlancl, III, p. 166.

(3) L'exemption de tribut était considérée comme un grand privilège (1 Reg., wii, 25).

(4) III Reg., IV, 6; V, 14 ; \ii, 18. — Cf. Abbé Vigoureux, op. cit. .-Salomon.

(5) I Parai., xviii, 7-8; xx, 2; xxvi, 20 et seq.

(6) I Para!., xxvir, 25.

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