‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 88 sur 291 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

CCS de la population attachée au sol, David protégea tout particulièrement la culture et l'élevage. Ezri, fils de Chélub, fut choisi par lui, comme intendant de l'agriculture. Il la distingua de la viticulture : celle-ci fut confiée à Séméias le Romathite, près duquel se trouvait Zabdias TAphonite, plus spécialement chargé des celliers royaux (1). La direction de la culture et de la récolte des olives fut commise à Balanan le Gédérite. Joas présidait à la confection et à la conservation de l'huile (2).

L'importance de ces produits pour la Palestine explique suffisamment pourquoi David avait assigné à chacun un intendant spécial. Les richesses privées du roi se confondaient souvent avec la fortune de l'État. Les tributs, les dîmes sur presque tous les produits, obligeaient le roi à intervenir dans la gestion des biens privés. Plusieurs contrôleurs avaient à répondre des troupeaux : ce sont Setraï, Saphal et Ubil, auxquels il faut joindre Jadias et Jàzez, dont la surveillance s'étendait sur les troupeaux de bœufs, d'ânes, de moutons et de chameaux (3).

Le roi, qui était doué d'une activité d'esprit et d'une facilité de travail peu communes, se faisait rendre un compte régulier et périodique par les chefs des divers services; il savait à propos encourager leur zèle ou réprimer leurs négligences.

IIL — Les Artistes.

David donna à sa cour un éclat tout nouveau pour Israël en y appelant les artistes et les ouvriers de Tyr : il

(1) I Paralip., xxvii.

(2) 1 Paralip., xxvii, 28.

(3) I Paralip., xxvii, 29, .30, 31.

avait en vue deux œuvres de la plus haute importance, la construction d'un palais et la préparation du temple.

Il ne traita point ces étrangers comme des gens de métier auxquels il ne devait que le salaire. Il conférait avec eux; il leur exposait ses vues, ses plans, et ils discutaient ensemble les moyens de leur exécution. Les paroles de l'Écriture, attribuant les plans et les devis du temple à David, non seulement se prêtent à cette interprétation, mais encore elles semblent l'imposer (1). Comme Pierre le Grand en Russie, le fils d'Isaï voulait s'initier aux arts et les implanter dans son royaume. Les artistes sidoniens communiquèrent les procédés et les secrets de leur profession aux Israélites qui présentaient le plus d'aptitude. Le nombre et l'habileté de ces derniers s'accrurent si rapidement, que David eut bientôt dans sa capitale « un grand nombre d'ouvriers intelligents en chaque genre de travail (2) ». L'adaptation de l'art tyrien aux goûts et aux besoins d'Israël donnèrent naissance à ce que plusieurs auteurs ont appelé une école d'art hébraïque.

Dans le voisinage du palais , le roi avait fait construire de vastes galeries destinées à recevoir tout ce qui devait servir à l'édification de la maison de Jéhovah.

Ici , sous des hangars , la pierre était taillée par de nombreux ouvriers ou fouillée par des sculpteurs habiles ; là, les bois de cèdre , venus en abondance de Tyr et de Sidon , se transformaient en charpentes et en lambris. Plus loin, le fer et le cuivre, « en poids trop considérable pour être pesé » , se tordaient sous l'effort des forgerons et des serruriers. Ailleurs, l'or et l'argent s'assouplissaient au gré des orfèvres. Une foule de pierres pré-

(1)1 Parai., xxviii, 12.

(2) I Paralipom., xxii, 2, 15.

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