prit, quitta, reprit la cuirasse et la haire
mille a vid
qu'il ment, a vol,
roisse, ément ristie, er son blance ue les t con-
hila-
ce mé-
rivait, » facon in.
et de pouvait
Aussi, rendre use
haire.”
RS Ce
Il fit d’abord quelques années d’études plus ou moins interrompues au collège de Sainte- Anne, puis je ne sais trop en quelle autre institution de Montréal.
Ce n’est pas que l’étude et le désir d'apprendre ne lui fussent agréables : son esprit curieux aimait à tout connaître ; mais la vie casanière des classes était pour lui plus lourde que le manteau de plomb inventé par Dante. Aussi on comprend avec quel soulagement et quelle joie il le secoua de ses épaules en franchissant le seuil de sa dernière classe.
Il ne respirait à plein poumons qu'au grand air des compagnes, dans un canot ou dans les bois, le fusil sur l'épaule, abattant canards, sarcelles et outardes. Car, depuis son enfance, David était devenu un tireur incomparable. Une de ses balles atteignait aussi bien la cervelle d'un marsoin apparaissant au loin à la surface des vagues que le plus petit gibier s'enfuyant à tire-d’ailes.
Le soir, à l’entre-chien-et-loup, quand le crépuscule achève et que les canards et les sarcelles viennent se poser dans les mares pour la nuit, la balle du jeune chasseur venait les atteindre,
malgré l'obscurité, avec autant de précision qu’en pleine lumiere.
Il n'arrivait jamais au toit paternel sans que sa gibecière fût remplie, soit de bécassines, de pluviers, de corbijeaux, de barges, soit de chevaliers, d’alouettes, de bernaches ou d’outardes.
Du reste, il tenait de race, car son père était un chasseur dont le nom est resté dans la mémoire des habitants de cette côte du fleuve.
Aussi grand et aussi fort qu'un grenadier ou qu'un highlander écossais, le père de David Têtu maniait, avec la même facilité qu'une plume, un fusil dont le calibre était si fort qu'un sou entrait dans l'ouverture du canon.
C’est avec cette arme que le père de David tua un jour au vol cinq outardes d’un seul coup. Or David Têtu pouvait rendre des points à son père. Je n’en finirais pas si je voulais citer toutes les prouesses et les prodiges d’habileté qu’il a faits avec son fusil de chasse.
Peu de temps après sa sortie de collège, notre coureur de bois connaissait, comme le creux de sa main, la plupart des rivières et des cours d’eau des deux rivages du Saint-Laurent, en bas
qu'en
s que s, de
cherdes.
était
\ mé-
er ou Têtu e, un } sou
David coup.
à son
citer
bileté
notre ux de cours en bas
ES
de Québec, aussi bien que les îles, les hâvres, les mouillages des environs Il ne tarda pas à étendre ses courses au loin jusque dans les îles du golfe.
Aussi habile marin que chasseur intrépide et infatigable, il eut bientôt remonté plus ou moins la plupart des rivières des deux rivages du Saint-Laurent. Il n’est guère de capitaine de chaloupe, de goélette ou de navire de cette partie du pays qui ne connaisse pas David Têtu.
Notre voyageur est l’ami de tous les sauvages de ces régions : des Montagnais, des Naskapis, des Escoumains, des Betsiamites et même de bien des Esquimaux, dont il sait manier les différents canots plus prestement que bien des enfants des bois. On l’a vu même debout, une perche à la main, dans un canot d’écorce, remonter des rapides, blancs comme neige, que d'autres canotiers n'osent affronter sans précaution.
Fait-il la rencontre de quelques chasseurs sauvages, il est sûr d'entendre leurs : Kouei ! kouei ! familiers, c'est-à-dire : bonjour ! bonjour ! par lesquels ils saluent leurs vieilles connaissances.
TO es
La science des langues indiennes si difficile d'ordinaire aux blancs, n'offre aucun embarras pour l'esprit facile et pénétrant de David. Il converse aussi bien avec le Montagnais qu'avec le Naskapis, avec le Betsiamite qu'avec le Maléchite.
Les occupations auxquelles se livrait le père de David furent pour une large part dans la carrière d'aventures que celui-ci a suivie depuis plus de trente ans.
Marchand actif et entreprenant, M. Charles Têtu avait réalisé de beaux profits par la pêche aux marsouins, Ce qui l’engagea à développer plus en grand cette branche d'industrie. Au lieu de se contenter de tendre des pêches aux marsouins avec de longues perches, comme cela se pratique à la Rivière-Ouelle et à l’Ile-aux- Coudres, il inventa, avec son fils, un système de rets fort ingénieux, et qui lui réussit pendant quelques années. Il fallait, pour cela, étudier avec soin les mœurs et les habitudes des marsouins dans les différents endroits du fleuve qu’ils aiment à fréquenter.
Ce fut naturellement sur David que M. Charles Têtu se reposa pour ses travaux d'observation, et celui-ci s'en acquitta avec une sagacité de coup d'œil qu’on eut ensuite l’occasion d'admirer.
Plusieurs essais furent tentés sur divers points de la côte du nord, mais l'endroit le plus favorable parut être la Pointe-à-la-Cariole, à peu de distance de l'embouchure du Saguenay, où un nombre considérable de marsouins furent capturés au moyen d'immenses filets.
On sait que M. Charles Têtu a été l'inventeur d'un système de corroyage et de tannage de peaux de marsouins dont le secret avait été perdu depuis un siècle et demi. Depuis ce temps, les peaux de ces énormes cétacés ont acquis une valeur qu'elles étaient loin d’avoir auparavant ; on en fait les chaussures les plus solides aussi bien que les plus délicates.
A l'exposition de Londres et à celle de Paris, M. Charles Têtu obtint une médaille d'honneur pour cette utile invention, dont le mérite est dû pour une large part à son fils.
David Têtu a toutes les qualités physiques et intellectuelles qui ont fait, dans le temps passé, [8 meilleurs coureurs de bois. Une taille superbe,
s rt j pe” Br saturé dal tirée
arles ation, ité de irer.
oints favoeu de où un t Cap-
enteur ge de it été emps, is une vant ; | AUSSI
Paris, nneur est dû
ues et passé, perbe,
six pieds au moins, avec charpente osseuse et larges épaules recouvertes de muscles de fer. Il a des poignets et des jarrets d'acier.
Il n’a jamais connu son egal pour les marches et les fatigues. Pendant qu'il était gardien d'un des phares de l’île d’Anticosti, il trouvait tout naturel d'aller veiller chez le voisin qui ne demeurait qu'à trente milles de chez lui. “ Ce n’est pus loin, disait-il tout simplement, le bord de la mer est tout d’un beau sable fin et dur !”
En raquette, il a toujours fait céder tous les compagnons de voyage qu’il a rencontrés.
À ses étonnantes forces physiques, David joint une aménité de caractère et de figure non moins étonnante. Personne n’a jamais réussi à le faire fâcher, quoiqu’on ait essayé plus d’une fois d'y parvenir. Son visage est le reflet de cette imperturbable tranquillité d'âme. Cette sérénité rayonne sur chacun de ses traits à la fois réguliers et arrondis, et particulièrement dans ses yeux d'un gris bleuâtre, dont le regard, d’une douceur infinie, se perd plus volontiers dans les lointains horizons qu'habite sa pensée, qu'autour de lui. Quand :il vous parle, on dirait que son esprit voyage dans les forêts ou sur les eaux, et
qu’il a de la peine à le ramener à la conversation du moment.
On reconnaît bien, à ces quelques traits, les habitudes des coureurs de bois ; maïs ce qui rend David supérieur à ses devanciers, c'est qu'il est doué d’un vrai génie d'invention. Il faudrait une étude pour énuinérer les divers systèmes et toutes les machines dont il est le père ; il a même pris des brevets d'invention pour plus d’un procédé nouveau ou amélioré.
Entre autres systèmes qu'il a inventés ou perfectionnés, nous pouvon citer :
1° Un nouveau genre de rets, qu'il a essayé à la Pointe-aux-Orignaux, et qui se fermait et s'ouvrait au moyen d’un appareil particulier. Ce rets s'emplit un jour à rempre d’un nombre prodigieux de marsouins.
20 Une machine pour faire sécher la morue par le principe de la force centrifuge, et qui est maintenant en usage dans plusieurs endroits des États-Unis et du Canada.
3" Plusieurs genres de rets pour la capture du saumon,
rsation
its, les ai rend u’il est ud rait mes et ; 1 a r plus
u per-
saVÉ à ait et er, Ce e pro-
norue ui est ts des
re du
ES
4° Un nouveau système pour manufacturer et clarifier l'huile de foie de morue,
5 Une machine pour hacher la graisse des marsouins avant de la faire fondre.
6° Un proeédé secret pour la'clarification de l'huile de marsouin.
7° Le canot poisson à double queue, qui se meut à la main ou à la vapeur, et sur lequel notre nautonnier à fait, paraiït-il, un trajet de cinq cents milles.
On doit aussi à David Têtu la découverte d'une mine d’étain qu'il se propose de faire exploiter.
Son génie d'invention est intarissable, mais notre homme a bien le soin de ne jamais protiter de ses procédés et de laisser cet avantage aux autres. Car il est aussi désintéressé qu’ingénieux et inventif.
Comme les coureurs de bois, il a les défauts de ses qualités. Son amour des voyages dégénère en inconstance, son désintéressement tourne parfois à la prodigalité. Il n’a rien à
lui. Sa main est toujours ouverte à toutes les demandes : il a coutume de dire qu'il s'imagine sans cesse que ses poches sont transparentes et que chacun voit l'argent qui s’y trouve. Ce qui explique pourquoi il a tant de hâte de s’en débarrasser : l'argent lui brûle les doigts autant qu'il colle à ceux de bien d’autres.
Ses occupations ne lui appartiennent pas plus que sa bourse. Il prodigue son temps aux autres, aussi bien que ses ressources. Combien de fois il a soigné jour et nuit, pendant des semaines et même des mois, des malades qui n'avaient d’autres titres à son amitié que leurs souffrances !
défauts res désement rien à ites les magine ntes et Ce qui en déautant
as plus )S aux »mbien nt des es qui e leurs
Aussi est-il devenu des plus experts dans l’art culinaire. La plus habile ménagère d’un curé ne lui en remontrerait pas sur la manière de faire soit un bouillon, soit une gélatine, soit une fine soupe.
Pendant un hiver de temps, par pur motif d'humanité et de dévouement, il s'est fait le garde-malade et le cuisinier d’un pauvre équipage naufragé aux environs du phare qu'il a gardé, pendant neuf ans, à l’île d’Anticosti.
Un jour (c'était le 17 novembre, c’est-à-dire aux dernières navigations, car l'automne est bien autrement rigoureux dans ces parages que dans nos environs), trente-deux familles, jetées par un naufrage sur l’île d'Anticosti, étaient à la veille de mourir de faim. David, incapable de rester impassible devant ces souffrances, s’embarque à bord de l’unique goélette qu’il avait à sa disposition et qui faisait eau de toutes parts. Entré après mille fatigues et mille dangers dans le port de Gaspé, il télégraphie à son cousin, l’honorable Luc Leteilier de Saint-Just, alors ministre d'agriculture, et obtient un don de soixantequinzequarts de farine pour ces malheureux nauwfragés.
EE
Aussitôt sa coélette chargée, il prend de nouveau la mer, accompagné de six hommes de bord:
David ne peut entendre parler d'une infortune sans éprouver un véritable besoin de la soulager. Un jour, étant de passage à Québec, il entend dire qu’un de ses anciens coparoissiens est retenu en prison pour dettes, à Saint-Thomas de Montmagny. Aussitôt le chagrin s'empare de lui: il ne dort plus jusqu'à ce qu'il ait apporté quelque soulagement à ce malheur. Il traverse à la Pointe-Lévi, prend le premier train qui se présente. Descendu à la gare de Montmagny, il va droit à la prison où il demande à voir sa vieille connaissance.
— Qu'est-ce qui vous retient ici, dit-il, en l'apercevant ?
— Uné bagatelle, reprend l'autre : une trentaine de piastres.
— Ce n’est que cela, répond David. J'aurai bien vite arrangé votre affaire.
Et, sans plus tarder, il sort de la prison, s’en
va payer la somme, et revient, triomphant, délivrer son ami de ia captivité.
Il n’y avait qu'un inconvénient à cet acte de
de noude bord:
e inforn de Ja Québec; ‘oissiens Thomas empare apporté raverse n qui se magny, voir sa
t-il, en
1e tren-
J'aurai
Mn, s’en
it, déli-