L. Davout
De Lausanne, où il apprit l'arrivée à Toulon des deux généraux, Bonaparte écrivit aussitôt aux deux autres Consuls, à Paris :
24 Ooréal an VIII.
J'ai reçu. Citoyens Consuls, votre lettre du 20 floréal. J'ai reçu par le même courrier une lettre du général Menou, de Rosette, et plusieurs lettres des généraux Desaix et Davout qui sont arrivés à Toulon. J'écris aux généraux Desaix et Davout, qui sont deux excellents généraux, de se rendre par le plus court chemin auprès de moi , lorsque leur quarantaine sera finie. Je désire que vous fassiez mettre dans le Journal officiel que les généraux Desaix et Davout sont arrivés à Toulon», avec quelques phrases qui fassent sentir que ces généraux ont soutenu, même après mon départ, la réputation qu'ils s'étaient acquise dans les campagnes de Hollande et du Rhin.
Conformément à ces instructions on lisait dans le MonU teur du 29 floréal (19 mai) :
Les généraux Desaix et Davout sont arrivés à Toulon ; ces deux généraux ont soutenu en Egypte la réputation qu'ils s'étaient acquise dans leurs campagnes en Hollande et sur le Rhin ; nos armées reverront bientôt avec joie au nombre de ceux qui les guident à la victoire, ces hommes qui ne sont connus que par leur beau caractère, des vues toujours élevées et l'éclat des succès ; qui, supérieurs à toutes les intrigues, comme étrangers à tous les partis ont constamment honoré le nom français aux yeux mêmes des ennemis delà République..
Pendant que le Consul faisait ainsi distribuer à Desaix et à Davout des éloges officiels, il avait adressé directement à Desaix une lettre sévère, blâmant la part qu'il avait prise à la convention d'El Arisch et lui reprochant la condescendance qu'il avait montrée pour les instructions de Kléber. Une demi-heure d'entretien devait suffire à dissiper les préventions de Bonaparte, il tendit la main à son fidèle lieutenant et lui confia le commandement des deux divisions, à la tête desquelles, le brave Desaix devait trouver une fin si glorieuse à Marengo.
Quant à Davout, il reçut à Toulon une réponse extrêmement bienveillante ; le Premier Consul lui savait gré de la fermeté avec laquelle il s'était opposé à Kléber et à la convention d'El Arisch. Après avoir passé quelques jours en Bourgogne pour rétablir sa santé qui était très délabrée ; Davout se rendit à Paris pour y attendre le Premier Consul.