‹ Davout, maréchal d'empire, duc d'Auerstaedt, prince d'EckmühlChapitre 21 sur 42 · Cori'tspond. Davout, t. ^^ p · texte numérisé non relu

Cori'tspond. Davout, t. ^^ p

128 DAVOUT, MARÉCHAL DEMPIRE

Le Grand Conseil de la Légion d'honneur vient de vous nommer membre de cette légion K Je m'empresse et je me félicite vivement, Citoyen Général, de vous annoncer ce témoignage deTestime du Grand Conseil et de la reconnaissance nationale.

J'ai rhonneur de vous saluer.

P. S. — Je vous invite, Citoyen, à prêter le serinent prescrit par la loi et dont j'ai Thonneur de vous envoyer la formule, devant le président du tribunal le plus voisin du lieu où vous recevrez ma lettre. Si le service public ou votre santé s'y oppose, vous voudrez bien m'envoyer le serment signé de vous.

Les Anglais, dont les inquiétudes augmentaient avec les progrès de nos armements, tentèrent d'enlever sur nos côtes quelques bâtiments de transport; cette fois les instructions du Premier Consul, relatives à la défense des côtes, furent exactement suivies et avec un plein succi^s. Davout s'empressa de lui en rendre compte (30 frimaire) *.

Citoyen général Davout, lui répond Bonaparte à la date du 4 nivôse (26 décembre), je reçois votre lettre du 30 frimaire. J'avais appris par les papiers publics le petit combat qui a eu lieu entre Tartillerie légère et les ennemis. Les troupes ont montré l'activité convenable. Aucun bâtiment, qui se jette k cote, ne doit être pris.

C'est sur ce billet que se termine la correspondance échangée en 4803 entre le Premier Consul et son lieutenant.

1. 14 juin 180i. Grand officier de la Légion d'honneur, chef de la G"* cohorte ((Vite-d'Or, Doubs, Jura, Nièvre, Haute-Saône, Saône-et- Loire» Yonne; chef-lieu : Tancien Palais des Etats de Bourgogne, à Dijon). — 2 février 180"), Grand cordon de la Légion d'honneur.

'2, Ma/ado. Correspond, Davout, t. le"", p. 41.

Camp de bruges \ù%

Année 1804.

Le ministère anglais, après avoir d'abord affiché pour nos armements un superbe dédain/ commençait à passer dé la plus extrême confiance aux plus vives inquiétudes. Dans la guerre à mort qu'il avait déclarée, moins encore à la France, qu'à l'homiAe de génie dans lequel elle s'était iocarnée, tous les moyens, même les plus coupables et les plus bas, lui semblaient permis. De là, cette nuée d'émigrés et de chouans, conspirateurs et assassins de tous rangs et de toutes provenances, dont l'argent anglais armait le bras et dont les croisières ennemies infestaient nos côtes. En frappant le Premier Consul nos ennemis n'ignoraient pas qu'ils abattaient du même coup la fortune de la France, et cette idée redoublait leur acharnement.

Les fièvres qui régnaient sur cette côte, encore mal assainie, bien qu'elles eussent un peu diminué, étaient loin d'avoir cessé avec les froids de l'hiver. Davout en avait été attaqué dans les derniers jours de décembre. Dur comme il l'était à lui-même, il lutta d'abord contre le mal, mais ses forces trahirent sa volonté et il dut se retirer à Bruges pour s'y soigner. La crise fut assez violente pour que Madame Davout, malgré un état de grossesse déjà avancé, n'hésitât pas à entreprendre au cœur de l'hiver un voyage alors fort pénible. Elle accourut auprès de son mari, qu'heureusement elle ne tarda pas à voir entrer en convalescence. Dans son inquiétude, elle avait quitté Paris sans solliciter du Premier Consul son agrément à ce voyage et Davout avait craint sans doute l'effet que cette initiative

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avait pu produire ; c'est ce que nous apprend la letU:^ suivante de Duroc, en date du 8 pluviôse (30 janvier 4804) :

Je pars, mon cher général, pour aller présider le collège électoral de mon déparlement. Je ferai en sorte d'avoir bientôt fait pour être de retour ici et pouvoir accompagner le Premier Consul dans le cas où il voudrait aller de vos cotés. J'ignore si d'ici à ce temps il partira. Voilà nos préparatifs qui avancent et la belle saison qui approche, nous voyons aussi approcher l'époque de la grande entreprise. — Je n'ai jamais, mon cher général, entendu faire aucune observation sur le séjour de Madame Davout, et je n'eusse pas manqué de faire remarquer au Premier Consul que vous aviez été bien malade. — On a commencé k fusiller quelques-uns de ces brigands qui nous sont arrivés d'Angleterre. On a suspendu l'exécution de l'un d'eux, il a fait des révélations importantes. Si jamai« il vous tombe sous la main quelques-uns de ceux qui nous les envoient, faites leur faire tout ce qu'ils auraient voulu qui nous soit fait, et sur ce je vous embrasse et vous assure de mon sincère attachement.

Pendant tout ce mois de janvier où il avait été si souffrant, Davout n'avait pas un jour abandonné la direction de son commandement, ni ralenti, comme on peut le voir, sa correspondance avec le Premier Consul. La seule allusion qu'on y rencontre à sa maladie se trouve dans sa lettre du 29 nivôse : « Une forte indisposition que j'ai eue, écritil à cette date, et dont je suis heureusement débarrassé, m'a empêché de suivre l'affaire d'un homme très riche de Flessingue, qui commissionnait deux particuliers d'Ostende pour remettre de l'argent à tous les prisonniers anglais. Je vais la suivre et l'éclaircir. »

Rassurée sur la santé de son mari, Madame Davout ne

Youlukpas prolonger davantage son séjour à Bruges ; dans les derniers jours de janvier elle était de retour à Paris. Ce fut par elle seulement que Bonaparte apprit alors la gravité de l'indisposition qu'avait éprouvée le général : « J'ai vu hier Madame Davout, lui écrivit-il aussitôt, le 44 pluviôse, qui m'a appris que vous n'étiez pas entièrement rétabli, mais que vous étiez en pleine convalescence. Ménageztous car le temps approche où les mouvements vont commencer. Vous me répondrez par le retour de mon courrier qui va à Flessingue. Vous pourrez par là être instruit de la situation de la flottille batave aux 44 et 45 pluviôse. Comme je vais donner ordre à la première partie de se mettre en mouvement, il est convenable que vous expédiez les garnisons. » Davout avait trop l'habitude de tout voir par lui-même pour ne pas se rendre de sa personne à Flessingue; le 23 pluviôse il était de retour et rendait compte de cette tournée au Premier Consul *.

Pendant ce temps la police découvrait ennn le5 pie miers fils de la conspiration ourdie contre le Premier Consul ; c'est ce dernier, qui le 24 pluviôse (44 février) l'apprend lui-même à Davout :

Nous avons découvert ici, lui écrit-il, une trame ourdie avec beaucoup de mystère. Georges et une trentaine de brigands de sa bande étaient cachés à Paris depuis plusieurs mois. Pichegru était avec eux depuis quinze jours. Une partie est arrêtée, onestà la poursuite de Tautre. Leur ligne de communication de Paris au Tréport est saisie, et il y a quelque probabilité d'avoir dans les mains Pichegruet Georges. D'autres individus sont évidemment compromis ; j'attends que cela s'éclaircisse

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