‹ Davout, maréchal d'empire, duc d'Auerstaedt, prince d'EckmühlChapitre 23 sur 42 · Mazade. Correspond. Davout, t. I*»*, p · texte numérisé non relu

Mazade. Correspond. Davout, t. I*»*, p

CAMP DE BIllGES 139

da Rhin. Le duc d'Ënghien a été pris avec cinq on six personnes ; conduit d*abord à Strasbourg, il est arrivé hier au soir àVincennes, et jugé cette nuit par une commission militaire composée des chefs de corps de la garnison et présidée par Hulin; son affaire a été bientôt décidée. Le procès continue à aller bon train, tout s'instruit et tout marche bien, mais il y a tant de faveur, on veut lui donner tant d authenticité que cela prend bien du temps. — Rappelez-moi au souvenir du général Dumas, je ne Toublie pas ici ; j'ai quelque espoir qu'il obtien* dra bientôt un grade que je voudrais lui voir. Sans parler de ce que je vous dis, vous pourriez le demander au Premier Consul, il y a dans ce moment deux ou trois places vacantes et il sait que vous êtes content de lui. Je vous embrasse bien et vous donne l'assurance de mon amitié sincère.

La conspiration, qui dans Tesprit de ses fauteurs devait couler le pouvoir et la vie au général Bonaparte, allait au contraire le porter au faite des honneurs et de la puissance. La France tout entière avait tremblé pour les jours de l'homme en qui s'incarnait la patrie, elle s'était souvenue avec épouvante des maux dont le génie de Bonaparte lavait tirée et dans lesquels sa perte pouvait la replonger. De son côté, le Premier Consul était trop habile pour ne pas exploiter ces sentiments dont l'expression, tantôt spontanée, tantôt provoquée, éclatait bruyamment de toutes parts, et pour ne pas franchir, ainsi porté par Tenlhousiasme général, le dernier degré qui le séparait du rang suprême. Le Sénat se fit le premier interprète du sentiment national en demandant au Consul de donner à son pouvoir la stabilité d'une monarchie. C'est une lettre de Duroc, des premiers jours de floréal, qui porta ces nouvelles à Davout, avec les réflexions personnelles du futur Grand Maréchal :

On ne parle* à présent ici, lui écrivait-il, que d'empereur, d*hérédité, de succession ; c'est le sujet de tous les contes qu*on a forgés depuis la dernière démarche du Sénat. Le fait est que nous né savons absolument rien de positif; on sait seulement qu'il y a des. intrigues de tous côtés. On avait dit d'abord que le Premier Consul avait l'intention d'établir l'hérédité en adoptant Eugène-Napoléon; on a dit ensuite qu'il avait changé d*avis, qu'il établissait l'hérédité dans sa famille aveoî JosBph, puis Louis, eu excluant Lucien et Jérôme. Maintenant. je ne sais ce que l'on dit. Je vois au reste, mon cher général, que tout le monde en veut, qu'il n'y a plus ni modestie, ni crainte, et que l'on trouve le morceau bien bon. Je vois aussi que le Premier Consul ne s'est pas prononcé et qu'il écoute ; mais ce que je sais bien, c'est que sa volonté sera suivie, et que nous autres nous lui serons toujours les seuls fidèles et vérîta* blement attachés; et pour moi, quoique dans ces on-dit il y en aient beaucoup qui me déplaisent, je n'en verserai pas moins bien volontiers mon sang pour maintenir ce que le Premier Consul aura cru utile k mon pays.

Davoul, qui, le 10 floréal, avait fait part au Premier Consul des sentiments et des vœux unanimes de son armée, lui en adressa, le 11, l'expression officielle*.

Le 25 floréal (15 Mai), Berthier, ministre de la Guerre, accusa réception à Davout de l'adresse de l'armée :

Le Premier Consul, lui écrivit-il, a été ému des sentiments unanimes que votre armée a manifestes, en joignant son vœu à celui de la France entière pour que Napoléon Bonaparte illustre le titre d'Empereur et transmette à sa postérité ThéPé^ dite d'un pouvoir dû à ses vertus et à ses talents. La maniéré dont l'armée a exprimé un vœu qui depuis longtemps avait, besoin de se faire entendre, et les témoignages de respect et

. 1, Mazade. Correffpond. Davout, t. I*"", pp. 78 et «9.

de dévouement qui ont éclaté dans cette circonstance, prouvent qu'elle est pénétrée de ce qu'elle doit à la magistrature suprême de l'empire, et sont un gage certain de sa fidélité.

Pendant ces événements, Davoul voyait sa femme approcher du terme de sa grossesse et il désirait vivement pouvoir s^ rendre auprès d'elle pour le moment de ses couches. Dès le 12 avril, il Tavait priée d'intéresser Madame Bonaparte ait succès d'une demande qui lui tenait tant à cœur*.

La permission si désirée parvint à Davout dans les premiers jours de mai, et le 18 floréal (8 mai), il écrivit à son lieutenant et ami, le général Oudïnot, pour lui conPier le commandement de Tarmée, dont il Tinvestit par son ordre du jfiur du 19.

"Dès le 23 (13 mai), il est « Paris et il a déjà vu le Premier Cohsul, ainsi que nous l'apprend la lettre qu'il adresse ce jour même au général Oudïnot :

J'ai reçu ta lettre, mon cher Oudinot, lui écrit-il. Je suis très tranquille sur la manière dont Tarmée sera menée, elle est en de bonnes mains. J'ai vu le Premier Consul, à qui le ministre dé la Guerre avait déjà rendu compte de Tinstruction, de la discipline et du bon esprit qu'il avait remarqués dans l'armée ; le dévouement et lamour que nous lui portons l'ont vivement touché; les marques de satisfaction qu'il nous donne sur l'armée sont notre récompense. Le ministre de la Guerre m'avait également prévenu do ce qui te concerne. Le sénatusconsulte pour l'hérédité, etc., doit être rendu demain. L'opiniof) des Parisiens, pour la première fois depuis 89, est unaniiae, et ils attendent ces changements avec autant de plaisir qua d'impatience. Les efTets publics se ressentent de l'opinion, ila.^ont considérablement augmentés.

1. Marquise de Blocquevillt». Annéen de commandement , p. 83.

Le général Davoul se trouvait donc à Parts au moment où, relevant le Irône de France, le général Bonaparte deve* nait FEmpereur Napoléon. Un des premiers actes du ftooyel Empereur fut la création des maréchaux de TEmpire; compris, à trente-quatre ans, dans cette première promotion, Davout trouvait dans cette glorieuse distinction la juste récompense de ses services et de son dévouement. Le 29 floréal (19 mai), le secrétaire d'État, Maret, en lui faisant parvenir le Décret Impérial, raccompagna de la note suivante :

Le Secrétaire d'Etat a Thonneur de transmettre au général Davout l'extrait d'un décret impérial portant nomination de maréchaux de l'Empire. — Il'prie, Monsieur le Maréchal Davout, d'agréer Texpression des inviolables sentiments dont il lui présente l'hommage.

Parmi les félicitations qui, de tous côtés, affluèrent au nouveau maréchal, celles de son ami et collègue, le Maréchal Soult, sont d'un tour particulièrement heureux :

Vous n'aimez pas les compliments, lui écrivait-il le 3 prairial, et moi je n'aime pas à en faire; ainsi, moucher maréchal, n'en attendez pas de ma part ; mais je vous dirai avec toute 1 efl*usipn de l'amitié que je vous ai vouée, que personne n'a applaudi à votre nomination avec plus de joie que l'ami qui vous écrit. Je me félicite de tout mon cœur de trouver sur le nouveau rang auquel Sa Majesté Impériale a daigné m'élevcr, un collègue que j'aime et que j'estime; enfin d'y trouver Davout.

Sur ces entrefaites, la maréchale était accouchée de soft second enfant, une fille, à qui l'Impératrice, sa marraine,

donna son nom de Joséphine. La naissance de cet enfant, qui ne devait malheureusement vivre qu'une année, comblait les vœux de Theureux ménage. Le prince Joseph Bonaparte, à qui Davout s'était empressé d'en communiquer la nouvelle, adressait, le 12 prairial, à la jeune mère ses affectueuses félicitations :

Madame, lui écrivait-il, je remercie M. le Maréchal de la bonté qu'il a eue de me donner de vos nouvelles, j'espère que vous ne trouverez pas mauvais que je vous fasse mon compliment. Je vous ai vue si malheureuse dans un moment où je partageais bien sincèrement vos douleurs, qu'il doit m'étre permis de me réjouir avec vous d'une première consolation. Il vous en arrivera d'autres, madame. Vous ne devez pas regretter d'avoir une fille, si elle est aussi bonne que vous; je puis vous louer sans indiscrétion, madame, j'aime- toujours à voir en vous la sœur d'un beau-frère que j'aimais tendrement. Le temps n'a pas diminué les regrets que m'a occasionné sa perte : trouvez bon que je vous conserve une partie des sentiments que j'avais pour lui, — Croyez donc, madame, à tout mon bonunage et h tout mon attachement, et continuez-moi la bienveillance que vous m'avez toujours témoignée, ainsi que M. le Maréchal •

BONik PARTE.

Au camp d^Outreau, 12 prairial au XII.

Le séjour de Davout à Paris avait été fort court; sa présence au camp, à cette époque de l'année surtout, était trop nécessaire pour lui permettre une longue absence. Rassuré sur la santé de la maréchale, qui se remettait rapidement, il s'était hâté de regagner son commandement. Le 4 messidor, les bateaux canonniers de Flessingue avaient, avec un détachement de la flotte anglaise, un bril-

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lant engagement; au nombre de 26, ils avaient quitté la rade de Flessingue et malgré les efforts de 23 bâtiments anglais, tant frégates que vaisseaux de ligne, ils avaient gagné la rade d'Ostende.

L'arrivée de l'Empereur à Boulogne, en faisant espérer sa visite au camp de Bruges, semblait devoir combler ce vœu du Maréchal.

Retardée de quelques jours encore, la visite impériale allait enfin avoir lieu, et, de Dunkerque, le 19 thermidor, le Maréchal écrit à sa femme :

L'Empereur n'arrive décidément que cette nuit, ce qui m'a déterminé hier soir à venir Tatlendre ici. Tu vois que l'on était mal informé en annonçant qu'il ne viendrait pas à Ostende auparavant 15 à 20 jours. C'est toujours avec un nouveau plaisir que je remarque que personne, même ceux qui sont près de lui, ne sait ce qu'il fera 2i heures d'avance. Cette bonne habitude importe à notre sûreté, qui dépend de la sienne.

PendaHt sa visite au camp de Bruges, Napoléon accorda son consentement au mariage, projeté depuis quelque temps, qui allait unir à la sœur de la maréchale un des plus illustres divisionnaires de Davout :

Priant, écrit celui-ci à sa femme le 26 thermidor, a demandé à l'Empereur son agrément pour épouser Clairette, il l'a donné. Dans un mois, cinq semaines, vraisemblablement Priant ira à Paris pour tout conclure. J'ai l'autorisation de l'Empereur pour aller à Boulogne, jouir de la belle et imposante cérémonie que l'on y prépare.

Le 29 thermidor (17 août), encore sous le coup de Téihotion qui avait à Boulogne étreint le cœur de tous les braves, il écrit à la maréchale :

J'ai VU la fête la plus imposante et la plus belle ; TEmpereur, de son trône, distribuant 2,000 décorations en présence de 100,000 braves, pouvant lire sur toutes les figures la joie et Tamour que sa présence inspirait.

Un automne particulièrement pluvieux venait contrarier les soins que Davout prenait avec tant de zèle et d'entente de la santé de ses troupes, c'est ce qu'il apprend à l'Empereur par une lettre en date du 27 vendémiaire :

Sire, lui écrit-il, le général Dumas, qui se rend à Paris avec permission, aura Thonneur de .faire connaître à Votre Majesté Impériale la situation de Tarmée. Les pluies continuelles qui ont lieu depuis quinze jours ont un peu retardé les convalescents. Cependant depuis cette époque, les deux premières divisions ont gagné à peu près de iOOà 500 hommes et les maladies continuent toujours à être aussi bénignes; il n'y a presque point de morts. J*ai fait ces jours-ci la visite des quartiers de rafraîchissement, ils ont produit FeiTet que Votre Majesté en attendait, lî sera encore plus sensible le mois pTochain, époque où la partie de l'armée qui n'a pas encore eu cette faveur en jouira. Vos troupes, Sire, s'y comportent avec la meilleure discipline, pas une seule plainte ne m'a été faite par les maires et par les habitants.

Chargé de remettre cette lettre au souverain, le général Dumas, le 3 brumaire (25 octobre), rend compte au Maréchal de l'audience au cours de laquelle il s'est acquitté de cette mission :

J'ai eu rhonneur, lui écrit-il, de remettre hier à Sa Majesté la dépêche que vous m'avez confiée; je m'étais rendu à Saint- Gloud do bonne heure à raudience de M. le Grand Maréchal, qui m'accueillit avec bienveillance, s'informa beaucoup de tout

ce qui vous intéresse et voulut bien me faire annoncer à Sa M'ajesté par son premier chambellan ; je fus admis dans le cabinet après le travail des ministres. — L'Empereur me demanda d'abord, et avec une expression obligeante, comment vous vous portiez, comment était la santé de Tarmée; il lut votre lettre et me dit : « Pourquoi le Maréchal Davout n'a-t-il pas envoyé ses troupes en cantonnement tout de suite quand je l'y ai autorisé* » Je répondis : « Sire, s'il Teût fait, l'armée eût vraisemblablement fait plus de pertes par mort, à cause des lièvres pernicieuses et presque épidémiques qui régnaient dans les campagnes et qui ont cessé avec les grandes chaleurs dans une partie de ces mômes cantonnements que nous occupons, aujourd'hui très salubres, et doiit le séjour pendant la dernière quinzaine, ainsi que M. le Maréchal vient de le reconnaître l^imème, nous a fait gagner 500 hommes. » — a Ah ! dit Sa Majesté, c'est différent et dans ce cas il a bien fait. » — La formation successive des hôpitaux de Bruges, les services et la situation des hôpitaux civils, les progrès et la diminution des maladies, l'excellent esprit du soldat, la bonne discipline soit au camp, soit dans les cantonnements, la régularité et l'utilité des mouvements de l'armée, un tiers à bord de la flottille, un tiers au camp et le reste dans les quartiers de rafraîchissement ; l'amiral Verhuel, l'embossage d'une partie de la flottille dans la rade de Dunkerque, le ralliement successif des trois divisions, votre visite en rade, la tenue malgré les coups de vents, la préférence donnée par l'amiral au port et à la rade de Dunkerque sur toute autre, l'arrivée du général Gudin, tels furent les objets sur lesquels Sa Majesté m'interrogea ou me permit de l'entretenir.

Pendant ce temps, le 1" brumaire, un de nos bâtiments

1. En quittant le camp de Bruges pour se rendre à Aix-la-Chapelle, l'Empereur avait laissé le Maréchal libre de cantonner ses troupes, suivant qu'il le jugerait opportun (2 fructidor). Correspond. Napoléon^ t, IX, p. 477.

là Ville de Montpellier s'était couvert de gloire dans une rencontre avec les Anglais. Deux prames, La Ville de Bruxelles et La Ville de Montpellkr, faisaient Tarrièregarde d'une division de bateaux canonniers, qui avait appareHlé d'Ostende pour Dunkerque ; 7 voiles anglaises, dont la plus faible était de la force de La Ville de Montpellier ^ se présentèrent pour attaquer cette dernière, alors isolée. Un combat fort vif s'engagea à portée de mitraille ; un brick . anglais, ayant voulu tenter l'abordage, fut accueilli par un feu si nourri et si bien dirigé, qu'il dût s'échouer tandis que Jes autres bâtiments reprenaient le large. Profitant de la nuit, réquipage s'échappa sur ses embarcations, abandonnant le brick qui resta entre nos mains. La garnison de La Ville de Montpellier était composée de détachements du 51" et du 62* sous les ordres du lieutenant Auvergne.

Le couronnement de l'Empereur venait d'être fixé et déjà le Pape Pie VU était en route pour venir donner à cette cérémonie la consécration de son auguste présence. Le ministre de la guerre en avisa Davout le 10 brumaire; la lettre suivante de l'Empereur accompagnait celle du maréchal Berthier :

Mon Coui)in,

La ditino Providence et les constitutions de l'Empire ayant placé la dignité impériale héréditaire dans notre famille, nous ^vons désigné le onzième jour du mois de frimaire prochain

'pour la cérémonie de notre couronnement et de notre sacre. Nous vous en donnons avis par cette lettre, désirant qu'aucun

.eoïpéchemeiit légitime ne s'oppose à ce que nous soyons accompagnés par vous dans cette sotennité ainsi qu'il est établi par Tarticle 52, titre 7, de Tacte des constitutions en

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date du 28 floréal an XII. Sur ce, mon Cousin, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

Napoléon.

Ecrite Saint-Cloud, le 4 brumaire an XIII.

Les fêtes du couronnement amenèrent donc le Maréchal à Paris. On le trouve à toutes les fonctions et à toutes les solennités de cette époque brillante et prestigieuse entre toutes, où Ton vit le chef suprême de la chrétienté ceindre de la couronne des Césars le front du glorieux soldat dont le génie avait porté si haut la fortune de la France. C'est entre ces pompes officielles et les joies intimes de son foyer que s'acheva ainsi pour Davout cette mémorable année.

1805 (janvier a septembre) Les premières semaines de Tannée trouvent encore Davout à Paris; c'est le plus long séjour qu'il doive y faire de longtemps. Il ne néglige pas pour cela son commandement, il est journellement renseigné sur tout ce qui s'y passe, de loin comme de près sa vigilance est aussi grande, ses soins aussi constants. Les quelques moments qu'il peut dérober au travail ou aux fonctions officielles, il les consacre h étudier et h décider les restaurations et les embellissements qu'il projette à Savigny. Ces soins ont pour lui d'autant plus d'attraits qu'il sait flatter ainsi la passion de sa femme pour cette belle résidence; il y met une véritable coquetterie d'amoureux. Mais la maréchale est trop raisonnable pour se laisser ainsi gâter; c'est elle qui arrête son époux et qui lui rappelle que, sous ses brillants dehors, leur situation est loin d'être prospère, car l'acquisition de Savigny les a endettés pour longtemps. Il ne faudra

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rien moins que la sage économie de la- maréchale, son entente des affaires et le soin qu'elle y apportera constamment pour permettre au ménage de tenir honorablement son rang au milieu des pompes de l'Empire; c'est ce dont la correspondance des deux époux témoigne continuellement.

L'hiver touchant à sa fin, avec le printemps approchaient les chances de l'expédition, et dès le courant de février Davout avait rejoint l'armée. Malgré tous les soins que Ton avait pu prendre de la santé des troupes, les fièvres y continuaient leurs ravages; elles régnaient surtout dans la 2'' division campée à gauche du chenal d'Ostende. Le 45 ventôse an XIII, Davout, signalant le fait au ministre de la guerre, sollicitait l'autorisation de rapprocher cette division de Dunkerque dont la position beaucoup plus salubre, offrait en outre l'avantage de mieux concentrer les troupes au cas chaque jour plus probable d'un embarquement. C'était aller au devant des intentions de l'Empereur ainsi qu'en font preuve les ordres qu'il adressait luimême au Maréchal (en date du 4 germinal) \

A la fin de chaque mois Davout envoyait directement à l'Empereur l'état de situation de l'armée; la lettre, qui, le 2 germinal, accompagnait lenvoi de la situation fin ventôse, est particulièrement intéressante par les renseignements et les observations qu'elle renferme :

Sire, écrit le Maréchal, en mettant sous les yeux de Votre Majesté un état sommaire et exact de la situation des troupes composant le camp de Bruges à la lin de ventôse, je crois devoir y ajouter quelques observations dont le but est de faire cdn-

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