‹ Davout, maréchal d'empire, duc d'Auerstaedt, prince d'EckmühlChapitre 24 sur 42 · Cotrespond. Napoléon^ t. X, p · texte numérisé non relu

Cotrespond. Napoléon^ t. X, p

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naiire à Votre Majesté la force réellement disponible et en état . d'agir, TefTet progressif des maladies selon les localités, enfia rétat moral de Tarmée que j'ai Thonneur de commander» Celui-ci est tel qu'il serait agréable de justifier par quelques , détails le compte satisfaisant que j'ai, à cet égard, à rendre h Votre Majesté.

Les trois divisions d'infanterie, sur un effectif de 23,231. hom->: mes ne présentent que 19,408 hommes en état d'entrer en. campagne, ce qui se vérifie de la manière suivante :

l'^ division : 8,608. Effectif dont il faut déduire 800 malades et 800 malingres hors d'état de faire la guerre = 1,600. Reste 7,008.

2« Division : 7,956. Effectif dont il faut déduire 900 malades et 900 malingres hors d'état de faire la guerre = 1,800. Reste 6,156.

3« division : 6,779. Effectif dont il faut déduire 285 malades et 250 inalingres hors d'état de faire la guerre = 535^ Reste 6,22 i.

Total des hommes valides : 19,408.

On aperçoit clairement dans ces résultats, en raison de la force des trois divisions, la proportion des malades et de ceux que de fréquentes rechutes ont épuisés et mis hors d'état d'entrer en campagne.

La l""» division, campée à l'est du chenal d'Osteade, a du 1/10« au 1/il* d'hommes aux hôpitaux. La 2* division, campée à l'ouest de la ville d'Ostende,. du 1/8° au l/9e. La 3" division, campée au Rozendal sous Dunkerque, du 1/24^ au 1/25*. Et si l'on observe que le 21" régiment qui fait partie de la 3« division et qui revient des îles de Zélande a consiamment lui seul autant de malades que les trois autres régiments de cette division, on reconnaîtra que la position du camp de Rozendal est très saine et que nous y avons perdu deux fois moins de monde qu'au camp de la 2«, sous Ostende.

Cependant, pour remplacer ce manque au complet dans les; bataillons de guerre, les dépôts qui n'ont cessé de fournir aux

remplacements n'offrent plus qae de faibles ressources; les ans ont au moins autant d'hommes à réformer et congédier qn'its en doivent recevoir de la conscription de Tan XIII. Les antres n'ont plus que des malingres hors d'état de faire la guerre.

Enfin, telle est la pénurie pour le recrutement, que d'après les comptes que je me suis fait rendre par les colonels, je puis affirmer à Votre Majesté que tous les bataillons de dépôt ne fourniront pas ensemble un renfort de 400 hommes.

Mais, Sire, tout ce qui se trouve dans le camp et a résisté h, la maladie (car presque tous ont été éprouvés) est dans le meilleur état. L'impatience et l'ennui de voir se prolonger le séjour dans cette position ne sont témoignés qu'avec le désir d'atteindre le but. Pendant l'hiver très sévère, pendant l'épidémie, il n'y a pas eu de murmures. La discipline ne s'est pas relâchée, la bonne tenue de l'habillement, des armes, s'est maintenue et l'instruction a été conservée.

La division de cavalerie, forte de 1,060 hommes, dont 700 montés, est maintenant en bon état; il n'y a que 34 hommes aux hôpitaux, les chevaux se sont refaits dans les cantonnements ; aussi ai-je fait reprendre au premier général le service de surveillance sur la côte. L'instruction d'hiver a été suivie ; le meilleur ordre a régné; il ne m'est pas parvenu une seule plainte des habitants du pays.

L'artillerie h cheval est forte de 280 hommes, dont 25 aux hôpitaux; celle à pied, de 900, sur quoi oO sont aux hôpitaux. Toute l'artillerie rivalise avec les autres parties de l'armée pour l'instruction, la discipline, et le service dont elle est chargée sur la côte et aux batteries est toujours parfaitement fait; ce qui est prouvé par les résultats puisque les ennemis ne nous ont pas encore pris un seul bâtiment malgré les fréquentes traversées de Flessingue à Dunkerque.

Le 9« bataillon bis du train n'a que 230 chevaux qui sont en

très mauvais état et incapables de faire le service de la côte.

' Le matériel de l'artillerie, en assez bon état, exigerait cepen-

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dant des réparations; mais aucuns fonds ne sont faits, quoique les plus légers seraient suffisants. Le général Sorbier a eu des ordres réitérés du général Faultrier de suspendre toutes les réparations jusqu'à ce que le nainistre ait des fonds.

Les camps sont bien tenus et le soldat, depuis le beau temps, met son amour-propre à augmenter et embellir tous les ouvrages et jardins que Votre Majesté a bien voulu remarquer Tannée dernière.

L'instruction nautique continue : la meilleure harmonie règne entre les officiers et soldats français et les officiers et matelots bataves. J'ai le bonheur de pouvoir annoncer à Votre Majesté, que leur chef a échappé à une maladie dangereuse* Sa perte eût été d'autant plus grande que l'amiral Verhuel a inspiré la plus grande confiance à toute Tarmée. Les résultats le justifient; cet amiral n'a pas encore perdu un seul bâtiment^ malgré les fréquents combats, passages et les mouillages de la rade de Dunkerque, tenus dans les plus gros temps : ce mouillage continue à prouver la bonté de cette rade.

Les bâtiments de guerre de la flottille batavc sont dans le meilleur état et ont passé la mauvaise saison sans avaries; ils sont d'une bonne construction et supportent.l'échouage par les plus gros temps sans éprouver les plus petits dommages.

Les trop nombreux hôpitaux de l'armée sont aussi bien tenus qu'a pu le permettre wn mouvement de plus de 2,500 malades. On les a nettoyés, reblanchis, assainis par de fortes fumigations. Les administrateurs civils, mais principalement ceux do Bruges ont montré un véritable zèle et beaucoup d'intelligence pour cette pénible tâche. Je suis certain de les en récompenser en leur faisant connaître que Votre Majesté en est particulièrement informée.

Tels sont, Sire, les objets qui m'ont paru dignes de fixer l'attention de Votre Majesté. Puisse-t-elle y trouver quelques motifs de satisfaction dans les preuves du bon esprit, de la bonne conduite, de l'entier dévouement et de la fidélité à son auguste personne de ses soldats du camp do Bruges I

Sî nous n'avons pas hésité à donner à peu près intégralement cette longue lettre, c'est qu'elle présente aussi exactement que possible la situation d'ensemble du camp de Bruges à cette époque.

Napoléon, qui voulait s'entourer d'une cour brillante, venait de composer lui-même les maisons des princes et princesses de sa famille. Désireux de placer, comme dame d'honneur auprès de Madame Lœtitia, sa mère, une personne d'un mérite éprouvé, il avait jeté les yeux sur Madame Davout. Ia conduite irréprochable de la maréchale, plus encore que le souvenir de son alliance avec la famille impériale, l'avait désignée au choix du souverain. Quelque flatteuse que fût celte distinction, c'est avec un véritable effroi que Madame Davout en reçut la nouvelle. Aussitôt elle fit part de sa nomination à son mari, sollicitant de lui un avis qu'elle aurait souhaité conforme à ses désirs, mais au fond bien décidée à se démettre d'une charge dont s'accommodait mal son humeur indépendante. Davout, pénétré comme il l'était des obligations du ménage envers l'Empereur, aurait désiré faire partager ce sentiment à la maréchale et lui voir accepter le poste auquel elle était appelée. Pendant près de deux mois on peut suivre au travers de sa correspondance, publiée par Madame la marquise de Blocqueville * ses persévérants mais infructueux efforts à cet effet.

Cet épisode nous a entraînés loin du camp de Bruges où nous avons laissé le Maréchal adressant à l'Empereur la situation de l'armée à la fin de ventôse. Dès le commencement de germinal Davout avait reçu du ministre de la

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