Mazade. Correspond. Davout, t. I«% p. 38i
çaîse, se portant en avant, s'ébranla dans la journée du !«' février.
Le 5, Davout était à Guttstadt et, le 6, il se présentait devant Heilsberg que l'ennemi occupait avec 7 ou 8,000 hommes et plus de 20. bouches à feu. Sous la protection des batteries qu'il établit aussitôt sur les hauteurs qui dominent Heilsberg sur la rive droite de TAlle, le Maréchal fit jeter un pont au faubourg d*Amt-HeiIsberg. Le 13" de ligne y passa attaquant la ville par la rive gauche pendant que le 17* régiment enlevait le faubourg et pénétrait de ce côté dans la ville. Les Russes firent alors leur retraite par la route de Kœnigsberg ; le général Priant les poursuivit, les atteignit près de Jegothen et leur fit 400 prisonniers. La nuit et le manque de cavalerie ne lui permirent point de pousser plus loin son avantage. Cette journée coûtait auk Russes plus de 400 morts et un millier de prisonniers.
D'Heilsberg, le Maréchal s'était, le 7 février, avancé jusqu'à Reisleiden à une lieue d'EyIau. Informé dans la soirée que cette dernière position était occupée par les Français, il manœuvra aussitôt pour tourner la gauche de l'ennemi. Le maréchal Ney, poursuivant le corps prussien du général Lestocq, s'avançait de Hûsshnen pour exécuter le même mouvement sur la droite.
Le 8 février depuis la pointe du jour, sous les tourbillons d'une neige épaisse, Tarmée française était aux prises avec l'ennemi, et, de Téglise d'Eylau, Napoléon suivait avec anxiété les phases d'une lutte dont les chances menaçaient de lui être contraires. Aussi vers midi apprit-il avec bonheur que du haut du clocher on signalait les têtes de colonnes de Davout arrivant par Molwitten; d'abord on
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aperçut les tirailleurs et bientôt le feu des bataillons de ce maréchal. « Alors, dit le général de Ségur, devant notre centre dégagé la victoire de Tennemi s'arrêta. » Davoul dirigea aussitôt deux colonnes sur Klein Sussgarten et Melohnkeim, tandis qu'une troisième colonne se portait vers Serpallen pour attaquer l'ennemi établi en avant de ce village. Serpallen fut enlevé après un vigoiureux combat et les troupes russes, qui le défendaient, rejetées sur Klein Sussgarten ; elles y reçurent du renfort des troupes du général Ostermann, mais après une résistance opiniâtre, elles furent délogées de cette dernière position par les troupes réunies des maréchaux Soult et Davout. Continuant sa marche en avant, le 3* corps avait déjà enlevé Kutschitten, lorsque l'arrivée sur le champ de bataille du corps.de Lestocq, qui avait pris quelque avance sur les troupes du maréchal Ney, vint rendre courage aux Russes et arrêter les progrès des Français. Réunis aux Prussiens, les Russes se reportèrent vigoureusement en avant, et le 3^ Corps, après leur avoir vaillamment disputé le village de Kutschitten et la ferme d'Anklappen, dut évacuer ces deux positions. Mais c'est en vain que les alliés redoublant d'efforts, tentèrent de reprendre Klein Sussgarten à Davout, le Maréchal conserva sur leur gauche cette position dont ils ne purent le déloger. La nuit seule mit enfm un terme à cette lutte acharnée et indécise. « Un fait certain, dit le général de Ségur, c'est que vers 8 heures du soir, Davout reçut l'ordre de se retirer de ses positions conquises sur la gauche de Benningsen et de se replier derrière Eylau, mais que ce maréchal, averti par Exelmans de la retraite déjà commencée des Russes vers Anklappen, ayant été s'en assurer, ne
crut pas devoir obéir à TEmpereur \ » En effet Benningsen, craignant d'exposer aux hasards d'une nouvelle bataille ce qui lui restait de son armée, s'était décidé à profiter de la nuit pour se retirer sur Wittenberg ; ce n'est que le 10, sous les murs de Kœnigsberg qu'il put rallier ses troupes. Pour les Français le résultat de cette longue et meurtrière journée se borna donc à la possession d'un champ de bataille où gisaient plus de 3,000 cadavres des leurs; ils avaient eu de 15 à 16,000 blessés. Du côté des alliés les pertes s'élevaient à 5 ou ft,000 morts et 20,000 blessés.
Tandis que les Russes se retiraient vers Kœnigsberg, l'armée française gardait pendant plus d'une semaine les positions qu'elle avait si chèrement conquises à Eylau. Davout, qui s'était porté à Domnau, avait poussé une avantgarde sur Friedland où elle était entrée le 13 février sans éprouver grande résistance. Mais l'Empereur venait de se décider à faire faire à son armée un mouvement rétrograde ; la dévastation du pays, qui n'offrait plus aucune ressource pour les subsistances, et l'épuisement à peu près complet des munitions, le rendaient nécessaire. En assignant à ses troupes des cantonnements sur la ligne de la Passarge, Napoléon allait leur permettre de se refaire, de renouveler leurs approvisionnements et d'attendre dans une position plus favorable que la saison meilleure leur permît de reprendre l'offensive.
Dès son retour d'Eylau, où il s'était, le 15 fé\TÎer, rendu auprès de l'Empereur, Davout, conformément aux nouveaux ordres fit commencer à ses troupes leur mouvement de