Mazade. Corresp, Davout, t. II, p
mettre dans le cas de tirer des coups de fusil. Le désordre qui existe dans toutes les parties du gouvernement aggravait les difficultés. Les boulangers et les bouchers, surtout 1 es premiers, s'obstinaient à ne pas garnir leurs boutiques ; mais, sur la menace qui a eu un commencement d'exécution, de faire fournir du pain aux habitants par la boulangerie militaire, la malveillance qui leur était suggérée a été déjouée. A peine eut-on vendu â.OOO rations, que tout rentrait dans Tordre.
Dans celle même lettre, après avoir rapporté les bruits répandus pour jeter le découragement et Tinquiétude dans le pays, Davoul signale à l'Empereur l'existence à Varsovie même d'un des principaux foyers d'intrigues, la congrégation des Benonistes ou Pères de la Rédemption. Quelques semaines plus tard, le 6 mai \ il lui communiquait ce que les papiers, la correspondance, les interrogatoires de ces religieux avaient révélé sur l'esprit de cette congrégation et son action sur le bas peuple.
Sur les représentations de l'Empereur, le Roi de Saxe ne tarda pas à rendre contre les Benonistes un décret d'expulsion, qui arriva le 14 juin à Varsovie. Ceux-ci demandèrent à se retirer en Gàlicie, où l'esprit qui animait leur ordre leur était garant de l'accueil qu'ils recevraient des autorités autrichiennes. Mais devant les lenteurs calculées de M. de Neipperg, commandant du cordon autrichien en Galicie, qui espérait par là fomenler des troubles à Varsovie, Davout se décida à brusquer l'exécution du décret.
J'ai pensé, écrivit-il le 2i2 juin à TEmpereur, qu'il serait nuisible de différer l'expulsion de ces gens; en conséquence,