INTRODUCTION
monde, et si Ton prêtait confiance à des récits dernièrement publiés — ceux de Thiébault et de Van Hogendorp, entre autres — il pourrait sembler que le reproche était justifié ; mais à y regarder d'un peu plus près, à suivre surtout la carrière du Maréchal, à voir quelle conduite il a tenue avec ses premiers divisionnaires et comment il avait fait d*eux — Gudin, Priant et Morand — ses amis les plus intimes, ses collaborateurs les plus dévoués, on se rend compte que si, plus tard, il a paru tracassier, c'est qu'il voulait qu'on servît, c'est qu'il exigeait de ses inférieurs de la subordination, de l'intrépidité et de l'intelligence et qu'il ne rencontrait rien de cela, ni chez un officier en proie à la fois au délire ambitieux, au délire des persécutions et au délire erotique, ni chez un vieil homme fort honnête, mais qu'étonnaient autant les nouvelles façons de commander que de combattre et qui représentait fort exactement le niveau de la milice des Provinces Unies en 4787.
Il est ainsi des réputations de dureté et d'inquiétude qui se font sur le rapport de quelques mauvais soldats, plus propres à tenir la plume que l'épée, détracteurs nés de leurs chefs, qui, retraite prise, versent en pamphlets, sous forme de Mémoires posthumes, l'âereté de leur bile et de leurs rancunes accumulées.
Mais à quoi bon discuter contre Thiébault ?
Nulle contestation, nul doute sur le rang où il faut placer Davout : sur d'autres noms, on hésite et Ton dispute;