‹ Davout, maréchal d'empire, duc d'Auerstaedt, prince d'EckmühlChapitre 5 sur 42 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

certains mettent en ligne Masséna, Soult, Gouvion Sainte Cyr, Lannes, Sucliet; mais Davout, pour tous, est hors de pair.

Le plus éminent des écrivains militaires de ce temps^ dans son Cours de Stratégie et de Tactique générale i^xofessé à rÉcole de Guerre, a écrit : « On ne compte qu'un seul homme de guerre — le Maréchal Davout — qui ait su comprendre Napoléon et qui ait été admis à discuter avec lui les grandes opérations. Les autres, même les mieux doués, comme le maréchal Lannes, furent des tacticiens habiles, sachant conduire, selon les bonnes" règles expérimentales, un corps d'armée, aussi bien dans les marches qu'au combat, mais Davout, seul, a eu la liante conception de la guerre napoléonienne. »

Justement, parce que ce fait est avéré pour tous les historiens, il est plus utile que l'homme soit entièrement connu et qu'un compte intégral soit rendu de sa formation intellectuelle et morale, de ses actes et de sa vie.

Mais ne pouvait-on penser qu'on en avait une notion suffisante, alors que, en dehors des nombreuses brochurespolémiques sur la défense de Hambourg, l'on avait les livres de : M. de Chénier (Jïfo^oire de la vie militaire politique et administrative du Maréchal Davout^ duc d'Auerstaedt^ prince d'Eckmûhl, Paris, 4866, ' in-8°) ; de M. Joly {Le Maréchal Davout^ prince d'Echmilhl, Paris, 1864, in-8**) ; de M. de Mazade {Le Maréchal Davout y son caractère et

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son génie, Paris, 4882, in-l2); de M"' la marquise de Blocqueville [Le Maréchal Davout, Prince d'Eckmûhl, raconté par les siens et par lui-même^ Paris, 1879-1883, quatre volumes in-8* et uq volume in-12) ; la Correspondance même du Maréchal, publiée en 1885, en quatre volumes, et son Rapport, récemment édité, sur le 3* corps durant les campagnes de 1806-1807 ?

Telle était, je Tavoue, mon opinion au moment où M. le comte Vigier est venu pour la première fois me parler du dessein qu'il avilit d'écrire la vie de son grand-père. S'il ne devait que redire en d'autres termes ce qu'on avait dit avant lui, son projet me paraissait sans intérêt et sans profit pour l'histoire; aussi l'engageai-je à rechercher d'abord dans ses archives de famille les documents qu'il pouvait posséder et à attendre, pour prendre un parti, le résultat de cette enquête.

Madame la Maréchale Davout avait conservé intégralement, dans son château de Savigny, les archives politiques, militaires et privées de son mari. Lorsqu'elle mourut, en décembre 1868, le seul de ses fils qui eut atteint l'âge adulte, Napoléon-Louis, prince d'Eckmuhl, était décédé depuis seize ans. Elle n!avait pour héritières que des branches féminines : l'aînée, représentée par M. le comte Vigier, les autres, par Madame la comtesse de Cambacérès et Madame la marquise de Blocqueville. Par suite d'un accord de famille, les papiers politiques et militaires

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