‹ Davout, maréchal d'empire, duc d'Auerstaedt, prince d'EckmühlChapitre 6 sur 42 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

furent déposés aux Archives du Département de la Guerre, sous réserve d'un droit de recherche pour les descendanis des donateurs, et les papiers privés furent partagés en trois lots, qui furent tirés au sort. C'est du lot qui lui est échu que Madame de Blocqueville a tiré les documents qu elle a publiés; il pouvait se faire que dans le lot attribué à M. le comte Vigier s'en trouvassent d aussi intéressants. Plus tard, à Auxerre, à la Salle d'Eekmûhl, où Madame de Blocqueville a réuni tous les souvenirs qu elle possédait de son père, aux Archives de la guerre, d'où Ton venait de tirer le rapport sur les opérations du 3^ corps, aux Archives des Affaires étrangères, aux Archives Nationales, dans des collections privées, on pourrait compléter ces éléments, mais ils devaient former la base essentielle du travail à entreprendre et il fallait d'abord que ces éléments se rencontrassent.

Le doute ne fut plus possible lorsque M. Vigier me montra ce qu'il avait récolté. Il y avait là des sources d'information historique de premier ordre, et l'on a pu en juger lorsque, cette année même, la Revue de Paris a publié un fragment des souvenirs du Maréchal sur les Cent-Jours. En dehors des dictées suivies, M. Vigier avait trouvé un nombre infini de pièces inconnues, de lettres inédites, de documents de toute sorte, propres à fixer des traits d'histoire et à mettre en pleine lumière la figure de Davout.

INTRODUCTION xui

Il n'y avait donc point à hésiter : mais en me demandant mes avis, M. Vigier ne savait point sans doute à quoi il s'engageait. Dans sa documentation s'ouvraient des lacunes que devaient pouvoir combler des pièces d'archives; je ne le laissai point se contenter d'à peu près, j'insistai près de lui ; je lui montrai les trous et il se mit en chasse ; la chasse fut bonne, excellente même, et ce n'est point une exagération d'affirmer que ce livre apporte une contribution singulièrement utile, non seulement à la biographie de Davout, mais à l'histoire militaire et même à Thistoire générale. Il aurait dû avoir pour épigraphe ces paroles de Napoléon, dont il démontre une fois de plus la vérité absolue : « Les généraux en chef sont guidés par leur propre expérience ou par leur génie. La tactique, les évolutions, la science de l'artilleur et de Tingénieur peuvent s'apprendre dans des traités, à peu près comme la géométrie, mais la connaissance des hautes parties de la guerre ne s'acquiert que par l'expérience et par l'étude de l'histoire des guerres et des batailles des grands capitaines. »

Restait la rédaction. Parmi les documents publiés antérieurement, il en était de nécessaires à l'intelligence des faits, mais, tandis que les pièces inédites devaient être données la plupart in extenso^ il a semblé que pour les autres un sjmple rappel suffirait. L'on est parvenu de cette façon à réduire de près de moitié un recueil dont les pro-

Page 1