‹ Davout, maréchal d'empire, duc d'Auerstaedt, prince d'EckmühlChapitre 7 sur 42 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

portions eussent, sans cela, été inutilement hors de mesure. M, Vigier ne s'est point contenté ici de faire œuvre de collecteur attentif : la piété filiale, le respect et la passion d'une gloire qu'il a raison de revendiquer et qui appartient légitimement aux descendants du Maréchal, la volonté de s'instruire des hauts faits de son grand-père, et de laisser à ses descendants un tel enseignement et un tel exemple, avaient pu jusque-là Taiguillonner dans ses recherches ; mais il lui fallait à présent se dépouiller des partis pris familiaux pour écrire une histoire qui, pour être accueillie par le public et prise au sérieux par les gens du métier ^ fût sereine et parût impartiale. En telle matière, il n'est pas permis de trop exiger et l'esprit de critique serait déplacé : mais M. Vigier a eu cette bonne fortune de trouver, tout rédigé de la main ou sous la dictée directe du Maréchal, le récit des événements qui eussent le plus donné lieu à appréciations diverses. C'est donc, dans la plupart des cas, un témoignage qu'il apporte, non un jugement qu'il émet.

Ailleurs, il a fait preuve d'une entière bonne foi et d'une sincérité dont il serait indiscret de le louer, en fournissant tout entiers les éléments d'appréciation et de discussion, en révélant des faits ignorées, en s'efTorçant de trouver et de dire la vérité. Il a compris que pour servir la mémoire de son grand-père ce n'était point le lieu des apologies oratoires ou des omissions complaisantes ; que l'histoire n'at-

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tache de prix aux témoignages familiaux qu'à condition qu'ils présentent des garanties entières de véracité; que les dissimulations sont d'ailleurs inutiles, car, tôt ou tard, les documents que Ton croit le mieux cachés finissent par voir le jour, et qu'il est ainsi à la fois plus adroit et plus honnête de les.publier d'abord. Aussi bien, s'il a jeté ainsi de la lumière sur quelques épisodes des débuts, c'est qu'il était indispensable de le faire pour donner une juste notion du caractère de l'homme et de la carrière qu'il a parcourue. Que si, s'en tenant à l'ancienne noblesse de la famille d'Avout, à sa filiation ininterrompue depuis 4279, l'on avait pu s'étonner que le jeune Davout se fût rangé si délibérément dans le parti de la Révolution, c'est que justement les alliances qu'il avait contractées avaient échappé ou qu'on n'en avait point tenu compte.

Par une sorte d'illusion fréquente et par une contradiction plus commune qu'on n'imagine, on est tenté, chez les hommes d'Empire qui sont parvenus aux hautes dignités, de partager leur carrière en deux parties, de garder et de mettre en belle lumière celle qui flatte le plus l'amourpropre, d'étaler les bâtons de maréchaux, les toques ducales et les grands cordons, et de passer sous silence les origines, les grades inférieurs, ce qui est de la Révolution, ce qui révolutionnaire et républicain. De même ont fait ces nobles d'Empire qui, sous la Restauration, se sont fait régler de nouvelles armoiries dont ils ont eu soin d'exclure

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