‹ Davout, maréchal d'empire, duc d'Auerstaedt, prince d'EckmühlChapitre 8 sur 42 · XVI • INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI • INTRODUCTION

les ;îhefs et les francs quartiers impériaux, comme aussi les pièces trop modernes d'aspect qui dénotaient leur origine.

Qui trompe- t-on par de tels moyens?

Sans la Révolution, Davout fût resté comme son père, lieutenant au régiment Royal-Champagne ; il fut au plus devenu comme son oncle, pour qui le Roi paya la finance d'une compagnie, major et officier de Saint-Louis ; il eût été lieutenant au régiment de Pressac comme son aïeul, ou capitaine aide major des Carabiniers comme son grandoncle. Après treize ans de service, il se fût retiré comme son bisaïeul, lieutenant au régiment de Bligny, pour mener line vie modeste et pauvre dans la maison patrimoniale. Au lieu de cela il est parvenu au plus haut degré de la hiérarchie militaire, il a acquis à son nom une gloire que seize degrés de noblesse ne lui avaient point donnée. Il peut dire comme Vigny :

J'ai fait illustre un nom qu'on m^a transmis sans gloire. Qu'il soit ancien, qu'importe ? U n'aura de mémoire Que du jour seulement où mon front l'a porte.

Mais, c'est grâce à la Révolution, c'est par elle que, comme tous les hommes de TEmpire, Davout a monté ces degrés. C'est là sa mère; il ne l'a point reniée, et pour ses descendants il est juste et opportun de s'en souvenir.

Dans un tel travail, si long, et qui a employé plusieurs

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années, les encouragements n'avaient point manqué au petit-fils de Davout. Mgr le duc d'Aumale qui, depuis sa naissance, Thonorait de ^on amitié, qui lui avait alors donné son nom et dans Fintimité duquel il vivait à Chantilly, avait suivi son travail avec un intérêt dont il lui eût sans doute donné une marque bien précieuse en s'en faisant le parrain. Si la mort ne le lui a point permis, au moins reste-t-il une trace singulière de la permanence de son admiration à Tégard de Davout. C'est une lettre vieille déjà de quarante années que, durant un voyage sur les bords du Rhin, il écrivait à M. le vicomte Joseph Vigier, et qui montre avec quelle vivacité et quelle ardeur le prince exilé recherchait sur la terre étrangère les traces de la grandeur nationale.

Kôsen, 3 décembre 1858.

Je pense, mon cher ami, que vous connaissez assez bien votre histoire du Consulat et de TEmpire pour savoir ce qu'est le village d'où je vous adresse ces lignes. C'est le point où votre illustre grand-père franchit la Saale pour aller livrer !a bataille à jamais mémorable d'Auerstaedt. Je viens de visiter le théâtre de cet exploit, le plus mémorable peut-être de nos longues guerres : Hassenhausen qui servit de point d*appui au Maréchal, le bouquet d^arbres où il avait placé les tirailleurs de la division Gudin, le rideau où il eut son chapeau enlevé par un biscayen, tandis qu'il formait lui-même la division Morand; enfin, j'ai tout vu sur ce terrain découvert où, avec 26,000 soldats, bien dignes de lui d'ailleurs, il arrêta et battit

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70,000 Prussiens, tout jusqu'à rendroit où tombu vaincu lé duc de Brunswick, le vieux compagnon du grand Frédéric. Je reviens fort exalté, et après avoir fait partager mon exaltation à mon fils qui m'accompagnait *, pour lui donner le goût des grandes actions; je veux aussi vous y associer et je protite d*une demi-heure que je dois passer à la station de Kôsen pour vous écrire ce petit mot Adieu.

Tout à vous, H. 0.

On voit quels conseils, quels encouragements et quel appui M. le comte Vigier était assuré de rencontrer près de celui qui connaissait si parfaitement Thistoire militaire de son grand-père et qui en avait fait une telle étude. Nul doute que le prince n'eût aimé tracer de cette grande figure un de ces vifs et éloquents portraits qu'il excellait à frapper en médaille.

La tâche que j'ai assumée est toute autre et bien plus modeste. Elle consiste simplement à dire comment et pourquoi ce livre a été composé, de quels éléments il a été formé, et quelle confiance il est permis d'y porter. Si peu que je pèse ici et si médiocre que soit ma compétence, je n'en sens que mieux l'honneur que m'a fait lamitié de M, le comte Vigier en me chargeant de présenter au public ce livre qui n'a certes pas besoin d'un introduc^

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