‹ De A à ZChapitre 19 sur 95 · PHILARÈTE CHASLES · texte numérisé non relu

PHILARÈTE CHASLES

Scribe m'a reçu, aimable et riant, dans &a bibliothèque. Il gardait une certaine distance; il ne se livrait pas trop ; il se tenait sur la défensive. Tout chez lui sent l'économie honnête ; pas de cigares, pas de gravures, le cossu d'un avoué regardant. Il a écouté les deux premiers actes de la pièce que je lui apportais avec une très grande et très gracieuse attention; au troisième, il s'est levé, s'est promené dans la chambre, et, en se frappant le front : « J'ai en train une pièce sur le même sujet; oui, tout à fait sur le même sujet ! » En effet, ma pièce a été jouée deux mois après; c'était le Verre d'eau. »

Il y a bien ma pièce.

Donc, c'est un fait désormais acquis à l'histoire du théâtre : le Verre d'eau n'est pas de Scribe, il est de Philarète Chasles.

Eh bien ! je ne suis pas du tout convaincu.

La grande préoccupation de Philarète Chasles dans ces étranges Mémoires est de se faire passer pour un petit saint. Autour de lui, il ne voit que corruption, décomposition sociale, intrigues sans frein, ambitions démesurées. Le dégoût lui en monte aux lèvres. Quant à lui, il aspire après le vrai, le simple, le naturel. A l'entendre, il ne se nourrit que de laitage et d'œufs frais. Pour ceux qui ont connu l'homme et ses appétits de luxe, et ses fièvres de dandysme, la prétention paraîtra exorbitante.

Philarète Chasles, un polit saint !

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